"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 2 septembre 2010

Avoir le gaz à tous les étages…

"Avec les parents on va à la messe mais à la maison on a pas le gaz à tous les étages…"

Je me souviens d’avoir un jour fait lire à ma fille la teneur insensée (dépourvue de bon sens…) du courriel d’un mien correspondant pourtant intelligent et très moyennement bisounours. Le genre très propre sur lui, honorable à tous égards, sûr de lui, de sa supériorité, de la justesse absolue de son point de vue, etc. Quelqu’un, aussi, qui savait très bien en toutes choses se trouver un malheur sur mesure
Après avoir lu, ma fille avait marmonné en haussant les épaules :
"- Il a pas le gaz à tous les étages…"

De quoi je veux causer ? J’y viens… Les ouacances sont finies. C’est la "rentrée" et pour démarrer avec de bonnes résolutions, il est parfois utile de relire les évênements de l’été. Eté qui fut plus ou moins chaud selon qu’on réside à Grenoble ou à Deauville, à Saint-Aignan ou… à Rambouillet. A cet égard, il y a eu début juillet un événement d’apparence anecdotique et purement local qui m’avait exaspéré. J’avais alors voulu l’évoquer ici et puis "à quoi bon"…

Et bien zut ! J’y reviens. C’est pas l’habitude ici d’évoquer la politique politicienne mais bon. Bouffez-en pour une fois… Je veux vous parler de l’élection législative partielle de juillet dans les Yvelines, ou plutôt des réactions observées à cette occasion dans certains milieux (non, le Plouc-émissaire ne réside pas en ces contrées)

Dans cette circonscription, donc, jugée jusqu’alors indécrottablement "de droîîte", au bon pays de Gérard Larcher, de chasseurs et d’honnêtes mangeurs, le départ du gouvernement de la mère Boutin avait entraîné en septembre 2009 la remise aux voix du siège de Jean-Frédéric Poisson après deux années de mandats.

Résumons les faits : Dans un contexte peu porteur pour la "majorité" (c’est le moins que l’on puisse dire), avec Europe-Ecologie hystériquement à la mode depuis les Européennes et l’abstentionnisme des partielles aidant (surtout à droite dans un "fief"), avec 75% d’abstention, le sortant étiqueté UMP s’est retrouvé au coude à coude avec Dame Poursinoff, une pétroleuse verte, et ne fut élu que sur le fil avec 5 voix d’avance seulement. Avec sa lenteur habituelle, la justice a annulé l’élection et on a remis ça en juillet dernier. Entre temps, les Régionales étaient passées par-là, Dame Poursinoff encensée de l’ext. Gauche au Modem était glorifiée par la presse comme quasi-tombeuse d’un des fiefs les plus réac et promise à un destin national, le tout avec les errements de la mère Boutin, surtout les conneries sorkozièsques et autres affaires Woerth-Bettancourt en cerise sur le gâteau… Bref, avec 70 % d’abstention le brave Poisson est resté au tapis avec 1000 voix dans la vue…

Un député UMP de moins, qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Rien, certes… Re-résumons :
A ma droite (tiens donc !) : J-F Poisson, 47 ans. Je ne sais pas ce qu’il vaut comme élu local mais un bosseur à l’Assemblée. Faisant partie de la petite centaine d’élus de tous bords (sur 577 je crois) qui ne se focalise pas que sur les intérêts de leur circonscription, sur leur marotte perso ou sur leur spécialité (souvent corporatiste…) Non, un vrai député de la nation, présent sur pas mal de fronts. Qui, en deux ans, avait réussi à se faire admettre, reconnaître et qui était écouté (sinon toujours entendu) pour son expertise, notamment dans les domaines de la bioéthique et des "questions de société" en défendant des "valeurs" qui sont les nôtres… Et avec tout ça, c’est un catho, un vrai (n’étant pas lui, je ne sais évidemment rien de son côté "fides", mais le côté "ratio" est béton…)
A ma gauche (of course…) : A. Poursinoff, 39 ans, verte-rouge bon teint, écolo version Mamère-Duflot, hostile à tout ce qui est "nous", l’identité "souchienne", la famille hétéro-normée, etc. Suant le sectarisme dans ses déclarations…

Et vous savez-quoi ? Je suis allé lire sur Le Salon Beige les commentaires sentencieux de tous ces cathos, pratiquants convaincus ou pratiquants mondains à la sauce versaillaise, qui au sortir de la Messe sont passés avec un hautain mépris devant les bureaux de vote du bas peuple, qui sont passés sans s’arrêter, dans leur Peugeot 308 bien astiquée, avec leur marmaille bien fagotée en Cyrillus, pour aller déjeuner chez Grand-Mère, promener aux tennis ou pique-niquer au parc d’à côté. Des pages et des pages de commentaires affligeants. Le pauvre Goeth ne savait plus où donner de la tête en cherchant mollement à calmer le jeu (très mollement d’ailleurs, faut pas risquer de les braquer, ce sont ses lecteurs après-tout…)

Figurez-vous qu’après avoir bataillé ferme, vu l’obtention de certains amendements, Poisson a fini par voter le texte nègre-blanc libéralisant quelque peu (un peu plus que peu, il est vrai) le travail du dimanche…
Voici donc quelques morceaux choisis de ce que ces braves bourges communiant hebdomadairement à la Présence Réelle ont trouvé de mieux à écrire pour justifier leur abstentionnisme "militant" :

"Il appartient aux chrétiens de Rambouillet de savoir ce qu’ils préfèrent. Un député d'extrême gauche respectant le droit naturel et la famille, vaudra toujours mieux qu'un député de droite défendant des textes en faveur des boutiquiers en bradant l'édifice social… Choisir entre les écolos et JF Poisson, c'est choisir entre la peste et le choléra... ce Poisson va couler. Par sa faute" - "Le Dimanche est le jour le plus important de la semaine pour un Chrétien donc il n'est pas négociable" - "Cher Jean-Frédéric, Dimanche prochain, vous me trouverez au bord de la Marne, avec ma canne a pêche" - "Comment voter pour un type après une faute pardonnable ?" - " Oser dire qu'une loi qui ouvre une brèche dans le principe du repos dominical est un bon accord relève de l'inconscience ou de la naïveté" - "M. Poisson, en ne votant pas pour vous, les Catholiques ne font certainement pas pire que vous qui avez abaissé votre froc" - " Vous n'aviez qu'à avoir un peu plus d'audace et de courage. Je ne voterai pas pour vous non plus" - "un catholique digne de ce nom ne peut voter en conscience pour un personnage comme Monsieur Poisson. Il est bien un tiède, déjà en appartenant à l’UMP, ensuite pour sa position sur le repos dominical"- "Je me suis abstenue de voter pour lui car sa trahison sur le travail dominical ne pouvait rester ignorée" Et la meilleure : "Il a négocié, est-ce que le Christ et les martyrs négociaient, eux ? "Je m’arrête…

Oui, le repos dominical doit rester la règle, même si les exceptions sont (trop) nombreuses (et purement mercantiles)
Oui, le débat "moindre mal – moins pire" est crucial mais il restera éternellement récurrent, c’est ontologique…

Et alors ? Et bien voilà. JF Poisson a toujours tenu les positions de l'Eglise; le travail du dimanche ne peut occulter son travail en ce sens et toutes ses prises de positions (bioéthique, Hellfest, profanations de cimetière...) Au moment où se décident de nouveaux projets de lois bioéthiques, il est hors course, il n’est plus RIEN, ni dans l’hémicycle ni en commission. Plus aucun des guignols du Parlement n’aura l’idée de le consulter.
Sa défaite dans le contexte national de juillet dernier était prévisible. Mais pourquoi juillet ? Parce qu’en septembre de l’an dernier il n’avait qu’une voix d’avance. Il en aurait eu ne serait-ce qu'une centaine, il n'y aurait pas eu juillet et il serait toujours député.
Nos braves cathos Cyrillus de la-bas sont contents. Kss kss. L’avait qu’à être parfait, nah ! Pas de cambouis sur les mains. Ils ont les mains propres, eux. Ils n’ont rien à se reprocher, ils sont parfaits. Mains propres et Parfaits…
Plus de mains et prêts à monter sur le bûcher des Cathares sans doute…

Je ne leur souhaite qu’une chose : que leurs enfants bien habillés, bien scolarisés, ne le leur reproche pas un jour.

Z’ont pas le gaz à tous les étages…

3 commentaires:

  1. Juillet et août sont les mois de tous les sales coups.

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  2. "...est-ce que le Christ négociait ..."
    pauvre Salon Beige ; ça sent son grincheux !

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