Comme d’hab’, hier on a eu la bataille des chiffres… De quoi rigoler grave… 997 000 gus pour le ministère de l’Intérieur, 2,9 à 3 millions pour l’intersyndicale. Rapport de 1 à 3… Cherchez l’erreur… On assiste à des disparités kolossales. Pour des villes moyennes où les syndicats affirment avoir vu défiler 60% de la population (vieillards des hospices et nourrissons des crèches compris), on veut bien croire l’explication donnée doctement ce matin par France Culture : "- C’est dû aux plans de licenciements en cours dans ces villes" (on ne remet donc pas en cause le décompte syndical…)
A chacun sa méthode. Chez les flics, on choisit 2 points de passage étroits de la manif et on y place des fonctionnaires relevés toutes les demi-heures. L’un évalue le nombre moyen de personnes par rangée, l’autre compte les rangées qui passent. Y a plus qu’à faire la multiplication…
Chez les organisateurs, on note l’heure d’arrivée du "front de manif" au point prévu pour la dispersion puis l’heure d’arrivée du dernier manifestant (on ne m’a pas précisé si on décompte les arrêts pipi et/ou bistro du dernier retardataire) On part ensuite d’un principe intangible : les gaziers marchent à 2 km de moyenne, on connaît le kilométrage de l’itinéraire et on en déduit la longueur du cortège. De braves gaziers du service d’ordre ayant par ailleurs estimé le nombre de personnes par tranche d’un mètre linéaire, y a plus qu’à faire la multiplication…
Franchement, la méthode syndicale apparaît bien floue avec des biais qui tiennent à la vitesse forfaitaire de croisière, aux arrêts, aux "coups d’accordéon" et, surtout, aux décomptes par mètre… a priori surtout estimés sur les premières cohortes toujours très denses…
Celle des flics est d’application nationale. Quand la différence passe de 1à 3 en moyenne à 1 à 10 à Marseille, c’est évidemment parce que là-bas les manifestants marchent plus vite et en rangs plus serrés (et les flics ont pas le temps de compter…) C’est pas parce qu’on est à Marseille, rien à voir !
En fait, il y a une explication à ces distorsions. Essentielle. Une choix délibéré et retors de la police qui est un véritable scandale :
Les flics ne comptent pas les trottoirs !
Tenez, par exemple :

[ Question subsidiaire à 2 balles : Entre la mémé surexcitée et la banderole, combien y a-t-il de mètres à multiplier par "le nombre moyen de personnes par mètre" ? ]
Ceci-dit, c’est vrai que le refus de compter les trottoirs s’applique à tous les types de manifestation. Par exemple :


< Là non plus – Normal…

< Et là ? Attendez, c’est pas pareil ! Faut pas déconner ! On est dans un état laïc tout de même…
NB : si l’on en juge à la composition des cortèges d’hier, il me semble que les CPF sont plus dévots que concernés par l’avenir de leurs retraites. Sans doute n’ont-ils pas tous la chance de cotiser… Mais Allah y pourvoira. Allah ou bien…
Ah c'est pas du jeu, Plouc!
RépondreSupprimerSi on compte ces trottoirs-là, ça fait quelques millions de plus. Une vraie richesse pour la France!
certains ont deja tenté un début d 'explication, de très mauvaise foi mais plutôt amusant:
RépondreSupprimerhttp://www.youtube.com/watch?v=DVcDUkO8H7A&NR=1