"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 1 avril 2015

La play-list du gouvernement…



De temps en temps, il faut quand même faire l’effort de changer la bande-son diffusée en boucle par les radios-de-service-public.
Ça se fait en principe au moins une fois tous les cinq ans avec une entame de la bande qui accroche l’oreille de l’auditeur : De travailler plus (ou autant) pour gagner plus (ou moins), on passe au Changement c’est maintenant-reporté-à-demain-pour-des-raisons-indépendantes-de-notre-volonté. Ce n’est pas un travail énorme : Juste remplacer les 3’35’’ du premier morceau musical par un autre. Après, on recopie grosso-modo la play-list précédente ; il suffit de modifier un peu l’ordre de passage des titres et de changer les artistes interprètes. Mais ce sont toujours les mêmes chansons auxquelles nul ne porte plus d’attention qu’au fond musical d’ambiance en remplissant son caddie chez Auchan.

A Radio-France, ils n’ont pas de problème. Personne ne se plaindra s’ils ne renouvellent pas le fond sonore diffusé à nos frais. Après tout, il n’y a que quelques vieux impotents en maisons de retraite ne sachant pas tourner les boutons de leur "transistor" à se lamenter d’avoir du Rapp ou du Boulez au lieu du Jeu des mille francs. Chaque jour de grève qui passe permet aux millions d’acurabas de se désaccoutumer de leurs jactances. On les oublie.

En revanche, le gouvernement est invité de toutes parts à changer sa play-list. Et c’est pour lui un très gros problème.
A cet égard, le cumul des dérouillées subies successivement aux législatives partielles, aux municipales, aux européennes et aux départementales, sans compter celle attendue aux régionales, n’est pas ce qu’il y a de plus grave. Bien que d’une ampleur inégalée, ce cumul de désastres (notamment financiers pour le Parti) n’est jamais que le "repli technique" toujours subi par la majorité du moment entre deux présidentielles.

L’essentiel n’est pas là. L’essentiel tient à la conjonction de l’ampleur du désastre avec l’absence de majorité de gouvernement pour faire autre chose qu’expédier les affaires courantes. Que l’exécutif en soit réduit à dérouler le tapis rouge à un PC maintenu en pré-coma par acharnement thérapeutique et à quelques individualités EELV ne représentant qu’une faction de leur 2% tout mouillé, toussa pour arriver à garder le nez hors de l’eau, vient confirmer le 49-3…
On n’a finalement guère insisté sur les enseignements de la pièce de théâtre que fut l’adoption de la loi Macron ; or, cette dramaturgie marque la fin du quinquennat.
On passera avec indulgence sur cette décision en conseil des ministres de recourir au 49-3 le matin-même du vote prévu. Elle traduit simplement l’incompétence, l’amateurisme et l’incohérence de cette bande de Pieds-Nickelés et ce n’est pas le sujet.
Pour l’essentiel, cette loi n’était pas si mauvaise. Mais pour tenter d’obtenir son vote par leur majorité de guignols, durant des semaines, en cherchant vainement le compromis, le gouvernement l’a laissée progressivement vider de toute efficacité en acceptant quasiment tous les amendements présentés par sa propre majorité pour lui rogner les ailes. Et, accessoirement, en l’alourdissant de tout un fourre-tout à la Prévert qui l’empêchera de marcher…  Et ça n’a pas suffi puisqu’en désespoir de cause il a fallu sortir le 49-3 ! La loi a donc été adoptée. Adoptée dans sa version amendée, c’est-à-dire à la fois alourdie de n’importe quoi et après lui avoir coupé les ailes !
Tant qu’à utiliser le 49-3 (en se privant accessoirement de pouvoir le réutiliser pendant un an), il fallait le faire d’entrée de jeu dans sa première version…

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que la conjonction de tout ce qui précède conduit à la paralysie définitive du système : Il ne se passera plus RIEN d’ici juin 2017. N’ayant plus aucune marge de manœuvre, même en passant Notre-Dame des Landes par profits et pertes pour débaucher trois écolos. Il n’y aura plus la moindre réforme ; réforme structurelle, j’entends ; structurelle au sens de Bruxelles et Berlin. Savoir s’ils attendront le 2° semestre 2017…

Mais rassurez-vous. Il reste des réformes sociétales à faire pour actualiser la Play-list du gouvernement. Savoir si elles auront autant de succès qu’en 2012-2013… 



En bonus : Le logo du nouveau compte Twitter de l’Elysée : La petite flute du charmeur de cobra surmontant un Airbus se crashant sur un point symbolisant l’infini dans un cercle dont la quadrature symbolise le serpent qui se mord la queue. Blancheur innocente sur fond d’azur.

3 commentaires:

  1. En dehors des réformes sociétales, on va bien trouver
    quelques taxes et contributions à augmenter ou instaurer (car ce ne sont pas des impôts), quelques normes à édicter (Ah mais c'est Bruxelles qui l'impose),
    quelques libertés à supprimer ou repentances à effectuer (c'est pour lutter contre le terrorisme, ou le racisme),
    quelques alourdissements administratifs (c'est pour simplifier, c'est pour l'accès aux soins), quelques agences à créer (c'est pour mieux orienter et être efficace...)...

    Bref, encore beaucoup de travail à faire pour mieux "lutter contre le chômage" puisque c'est la "priorité" et mieux "entendre les français" !

    Droopyx

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  2. Au troisieme paragraphe vous ecrivez "s'en compter" au lieu de "sans"..excusez du "reproche" :-) surtout que perso je ne sais faire une phrase sans un minimum de faute.
    Portez vous bien Plouc'em.
    Au plaisir.
    Dominique.

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    1. Oups ! Merci. Je corrige. J'en ai souvent marre de me relire avant de cliquer, ce qui n'est pas le moindre de mes défauts, en général après avoir... relu et modifié quelque chose en dernière minute !

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