"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 3 juin 2014

Un fond de carte et des crayons de couleur…



Quand on ne sait plus trop quoi faire, on peut toujours faire du coloriage sur un de ces cahiers que l’on donne aux enfants en leur conseillant de remplir les formes en essayant de ne pas dépasser. Le résultat n’est pas toujours probant mais la méthode est toujours gagnante : Pendant qu’ils s’y appliquent, ça laisse les grandes personnes un peu tranquilles et, du coup, celles-ci ne manquent pas de féliciter les mômes quand ils ont fini.
On notera aussi que ce genre d’exercice est très profitable sur le plan de la communication : A peine est-il sinon achevé du moins présentable, le coloriage en question est sûr de faire un buzz : il orne immédiatement toutes les premières pages des journaux et des sites ouèbes. Ce qui offre l’avantage, mine de rien, de reléguer en pages intérieures les questions qui fâchent ou qui sont embêtantes comme la dérive du djihadisme vers l’antisémitisme où le procès en appel de Sylvie Andrieux. D’autant que le feuilleton Bygmalion commence à lasser. Outre le fait qu’on ne voit pas de quoi parler d’autre, l’omniprésence du coloriage pédalonautique sur tous les supports n’est pas sans attraits pour l’acuraba. D’une part, nombreux sont ceux qui ont encore la nostalgie des grandes cartes collées sur toile qu’on affichait autrefois dans toutes les salles de classe de leur enfance. Et, d’autre part, les grands aplats de couleurs retiennent le regard des analphabètes. Ça s’appelle ratisser large…

Deux lois vont donc être discutées cet été au Parlement. La première va intéresser tout le monde et on ne va parler que de ça pendant des mois. Batailles de chiffonniers et jeux du cirque en perspective. Qui va se faire bouffer par qui ? Faute d’être parti sur la base de 5 ou 6 gros bidules à faire hurler tout le monde mais qui auraient laissé de la marge de négo’, en démarrant d’entrée de jeu à 14 et même pas à 12 comme initialement annoncé, on va bien finir à 14 ou 15, voire à 20 en faisant toujours hurler tout le monde. On verra. De toutes les façons, c’est astucieux car ça va bien occuper la moitié des trois ans qu’il reste à meubler ; c’est déjà ça…

La deuxième loi, qui sera examinée après, est autrement plus importante. C’est elle qui, en principe mais ne rêvons pas trop, devrait générer le plus d’économies en supprimant la fameuse "compétence générale", ce tonneau des Danaïdes qui permet légalement à tous les petits chefs locaux de faire tout et n’importe quoi. Ça risque de saigner. J’en connais qui lâcheront plus facilement les cimetières que la culture… 

On ne dira jamais assez à quel point les lois de décentralisation dites Deferre que tous se sont ensuite ingéniés à étendre ont contribué à accroître le coût des services rendus. Aussi bien des services régaliens au propre et au figuré que des services nécessaires, des suffisants, des subsidiaires, des insupportables et des superflus. Et cela pour la plus grande joie des grands feudataires dans leurs duchés comme des petits baronnets dans leurs timbres-poste.

- Tenez, par exemple : En mon douar d’élection, la trace résiduelle de l’ancien ruisseau asséché qui marque la limite de mes terres est aussi la limite de la commune. Desservi par notre route, nos canalisations communales (eau et tout-à-l’égout), nos lignes électriques et notre facteur, la masure et le champ du voisin paient l’impôt foncier à la micro-commune d’à côté. Bref, il envoie ses chèques à une bizarrerie historique qui n’a même pas de chef-lieu, dont la mairie est en étage plus loin au chef-lieu de canton. Et pourtant, il y a pour ça un mec bénéficiant d’une écharpe tricolore, bien qu’il n’ait pas à se palucher la gestion, ni d’une école ni d’un cimetière, toussa se résumant pour lui à des factures de fournisseurs… Mais je m’égare.  
- Tenez aussi : Ça me refait penser à cette anecdote que m’avait raconté il y a vingt ans un haut fonctionnaire que je tenais en haute estime et c’était justifié. L’histoire se passait dans la foulée de 81. On venait de rallumer la lumière, n’est-ce pas, et lui venait de prendre son premier poste de Directeur Départemental de l’Equipement, disons en Bretagne du nord. Il reçoit un élu local venant évoquer un dossier qui lui tenait à cœur. Un élu de la nouvelle fournée, on se comprend, hein ? Un rose inexpérimenté… A la fin de l’entretien, le type, pas gêné : "- Bon, alors, et pour mes 5% ?"…
Fraîchement arrivé dans le poste, mon gars marmonne quelque borborygme et, dès l’élu reparti, se précipite pour téléphoner à son prédécesseur… Bien évidemment, à force de l’avoir entendu dire, le jeune et (encore) naïf élu de la génération Mythe-Errant était convaincu du bien-fondé de sa question… Mais je m’égare encore.  

Revenons au coloriage "encore à l’état d’ébauche". Je disais qu’il allait plaire. Oui, il va plaire à (presque) tout le monde : Il va plaire en effet à deux espèces en apparence contradictoires mais qui vont s’y retrouver :
- D’abord tous les européistes supranationaux ; aussi bien les utopistes bisounours que les apparatchiks de l’écologie institutionnelle et la cohorte des affairistes attaliens thuriféraires de la mondialisation qui, tous, verront là le moyen d’effacer la France…
- Ensuite, tous les régionalistes infranationaux et cantonaux, qu’ils soient Bretons, Savoisiens, Chtis, Corses, Basques, Catalans, Nissards, Alsaciens ou Montmartrois (à ne pas confondre avec les identitaires - à la fois nationaux et de clocher - que je respecte infiniment) auxquels je rajoute en prime un bon lot d’écolos de base. Tous, verront là l’occase de relancer le small is beautyful avec des prébendes de leur niveau 

Pourquoi devrait-il leur plaire ? Parce que "refaire la carte" en regroupant conduira à donner encore plus de pouvoirs aux régions au cours de tractations de chiffonniers aux parfums de Conférence de Yalta et de Congrès de Vienne. Qu’il s’agisse des apparatchiks de l’Europe hors sol ou des braves militants Basques ou Bretons, chacun y verra une opportunité de remplacer la Fwance par une organisation en "domaines" de type mérovingien, domaines dont le poids facilitera les petites affaires des seigneurs et potentats locaux qui sont maintenant les élus régionaux.

Récupérer les dépouilles des départements vidés de leur substance est une chose. S’attaquer à la "compétence générale" des grandes régions en sera une autre. On va voir comment le Pédalonaute et Manu-la-mâchoire vont s’en dépatouiller. De toutes les façons, l’acuraba restera le manant payant l’octroi et la gabelle…

3 commentaires:

  1. Je réduirais les régions à deux :
    Langue d'Oc et langue d'Oïl.
    Ca réduirait bien les coûts.
    Surtout ceux des gens qui devront aller en préfecture pour demander leur naturalisation.

    Je me pose la question de Mayotte.
    Elle va être rattachée au Nord-Pas de Calais ? Parce que c'est court, là,
    Il y a un risque de disproportion !
    Ils ont peur que Nord Pas de Ca tombe aux griffes du FN ?
    Je vois que ça, pour justifier cette portion congrue ^^

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  2. Ou alors, pour faire chier Aubry.
    T'as vu son fief, comparé à celui de Ségo ?

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  3. kobus van cleef11/06/2014 21:31

    Un fond de tarte ?
    Quel rapport ?
    Quel intérêt ?
    Même une tarte avec de la pâte automatique, déjà prête, et de l'appareil déjà fait, il est capable de la louper !

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