"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 13 janvier 2015

Charpie-Hebdo, le phénix des hôtes de ce bois…



Bon. Ça ne va peut-être pas plaire à certains en ces temps de grande communion mais allons-y…

Je vais encore une fois vous parler de Charlie Hebdo. Y en a marre, je sais et je m’en excuse.
Figurez-vous que la Banque publique d’investissement, la Caisse des Dépôts et le Ministère de la Culture ont brusquement décidé de prendre chacun 50 abonnements à  ce canard. Donc 150 abonnés de plus d’un seul coup d’un seul payés par le contribuable pour garnir les présentoirs des halls de réception du public et les trente-cinq heures des fonctionnaires… En outre, la kommandantur de la Kultur va, dit-on, débloquer un million d’euros pour aider l’hebdomadaire et s’apprête à "changer les textes" pour que le journal puisse bénéficier "d’aides structurelles" auxquelles il n’a pour le moment pas le droit, n’étant pas reconnu comme une publication "d’information politique et générale". Une collecte de dons défiscalisés est lancée, Le fonds Presse et Pluralisme apporte dans l’immédiat un don de 200.000€ pour aider à la sortie du prochain numéro pour lequel la société de distribution de la presse ne prélèvera pas de commission…
Toussa pour un torchon qui faisait appel à ses lecteurs en novembre dernier en se disant en danger de disparaître…

Charpie-Hebdo comme l’a nommé un jour Didier Goux, serait donc à n’en pas douter le phénix des hôtes des forêts de ce siècle. C’est beau. Chaque fois qu’il brûle, la combustion de ses ruines est chaque fois assez autonettoyante pour qu’il renaisse de ses cendres. Même quand l’incendie se révèle chaque fois humainement de plus en plus lourd, le tiroir-caisse se remplit…

Sans cette contribution républicaine qui-n’est-pas-grave-puisque-c’est-l’Etat-qui-paie, je ne serais pas allé relire mon billet publié le 3 novembre 2011 (Molotov, Allah et le mécénat) à la suite de l’incendie criminel de ses locaux. Et je me serais abstenu d’en reprendre ci-dessous quelques larges extraits :
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« Charb (Charbonnier Stéphane, soutien indéfectible du PCF et du Front de gauche) l’a bien dit : "Cet incendie n’a rien à voir avec l’Islam." C’est sûr puisqu’il le dit, il est le mieux placé pour le savoir. Ben oui !

[…]

Revenons-donc à Charpie-Hebdo […]

1° Compassion immédiate pour les victimes
Donc évidemment Charpie Hebdo cruellement brutalisé dans sa chair, qui ne saurait être critiqué pour son imprudence par la dhimmitude ambiante et qu’il faut saluer pour son courage.
Mais surtout, surtout, compassion immédiate et pavlovienne pour tous ces pauvres musulmans modérés  […] qui vont encore souffrir d’amalgames tant la bête est toujours féconde….

2° Tout aussi immédiatement, à qui profite le crime ?…
D’abord, évidemment, […]
  […]
J’ajouterai nos pauvres musulmans (modérés ou non, surtout les non) qui bénéficient d’une excellente nouvelle couche de victimisation, tant il est vrai qu’avoir la chance d’être victimisé est de nos jours très porteur pour le business…

Et puis, et puis… n’oublions pas Charpie Hebdo himself !

Certains se sont pissé dessus de rire en oyant Charb se lamenter et exprimer son incompréhension. On peut toujours croire à la naïveté bisounoursienne confite de vivrensemblisme d’un manager citoyen se consacrant corps et âmes à son business. On peut… On peut surtout nous prendre pour des cons…

Figurez-vous qu’on est loin de 2007 où ce torchon sortait encore un bénef’ de près d’un million d’euros distribué pour 85% à ses actionnaires (Philippe Val et Cabu 330 000 € chacun…)
Il est vrai que dans les premières années du siècle, le tirage effectivement vendu tournait en moyenne à 140 000 exemplaires.
Bisbilles internes ou non aidant, fin 2009 ça tournait à 53 000 exemplaires…
Au printemps de cette année 2011, le torchon déménageait pour un loyer moins onéreux et faisait appel à un consultant pour tenter de relancer les ventes et de réduire les retours des kiosques. Le tirage vendu étant alors de 48 000 exemplaires…

Que faire ? Simple ! N’importe quel trisomique un peu futé ayant accès aux archives du dit torchon aurait trouvé tout de suite. Et Charb aussi, il n’est pas aussi con que les autorités morales qui se croient investies du pouvoir de guérir les écrouelles en commentant le vide…

Bon. Que faire ? Figurez-vous qu’en 2004, alors que le tirage moyen était de 140 000, le "coup" des caricatures de Mahomet s’était conclu après force retirages par un n° vendu à 400 000 exemplaires !
N’allez pas me faire dire que Charb avait prévu le coup de l’incendie ! Les dizaines de milliers de courriels d’insultes et de menaces de mort comme le hackage du site par les Turcs lui aurait sans doute suffi pour bénéficier de ce formidable regain de victimisation si bon pour les affaires… Mais il SAVAIT que ce risque était réel et qu’il pouvait le prendre en éventuel surcoût amortissable compte tenu de l’ampleur attendue du retour sur investissement
Ou alors, s’il n’avait pas intégré ce paramètre dans ces calculs, c’est que ce petit dessinateur à la con n’est que cela ; et un patron de presse totalement taré tout juste bon à jeter aux ordures ménagères…

J’ai cependant une pensée attendrie pour les deux guignols cagoulés de type africain qu’un chauffeur-livreur matinal prétend avoir vus en train de casser les vitrines et y balancer les produits dérivés des grandes heures de Molotov. Je dis prétend, le présumé témoin se révélant être aussi leucoderme que matinal son témoignage est donc forcément a priori peu fiable, voire suspect. Déjà, qu’il nous explique pourquoi il passait par-là…

Les deux hypothétiques cagoulés, donc. Pensant prendre en compte tous les paramètres et données contextuelles de l’affaire, j’ose me permettre de faire tourner un logiciel bestialement neutre, laïc, formel, factuel et tout et tout de calcul de probabilités. Et je m’en excuse… Il en ressort - c’est contrariant, oui je sais – que nos deux guignols (s’ils existent) ont une forte probabilité d’éprouver quelque sentiment d’appartenance à une religion de paix et d’amour qui trouve sa sérénité et sa certitude dans la soumission à Allah (que son nom soit béni)
J’éprouve donc une compassion non feinte pour ces deux cocus magnifiques qui ont contribué avec ferveur à redresser les finances et la gloire d’infidèles dont les blasphèmes mériteraient en des lieux plus pieux le fouet suivi de pendaison jusqu’à ce que mort s’en suive…
Charpie Hebdo fait son beurre de la ridiculisation des religions mais, comme disait Sartre "L’argent n’a pas d’idée."

Libé vit du fric d’Edouard de Rothschild mais Charpie Hebdo a trouvé le mécène inégalable, le sponsor absolu aux quatre-vingt-dix-neuf attributs ! »


3 commentaires:

  1. Il y a belle lurette que je ne lisais plus Charlie. Comme tant d'autres sans doute qui l'ont abandonné au fil du temps. Mais Charlie était une sorte de garde-frontière de la liberté d'expression. Ne pas l'apprécier, l'insulter, l'appeler Charpie (combien d'autres titres mériteraient ce sobriquet!), c'est reconnaître son existence. S'il disparaissait, notre espace de liberté se réduirait. Qui serait en première ligne alors?

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  2. Comme je l'ai déjà dit, Charlie Hebdo représentait les plus vilaines gargouilles de ma cathédrale, mais je déteste qu'on abîme ma cathédrale. C'est comme un type qui écraserait mon chien parce qu'il est vieux et stupide. Mais c'est le mien ! et je lui ferais bouffer le collier.

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  3. C'est exactement ça, il suffisait d'attendre un peu, Charlie étant proche du dépôt de bilan. Ces deux abrutis auraient du consulter la comptabilité du journal.
    Maintenant grâce à eux on en a pour 20 ans à bouffer des caricatures du prophète, c'est une sacré ironie quand même.
    Mais moi je m'en tape je ne lis pas Charlie.

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