"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 27 avril 2015

De chrysanthème en chrysanthème…



A peine rentré d’Erevan où il était allé honorer de sa présence la célébration du centenaire du début du génocide des Arméniens de Turquie, notre Pédalonaute suprême s’est donc rendu hier en Alsace pour visiter le camp du Struthof à l’occasion du 70° anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination nazis. La presse a bien évidemment tiré à la ligne. C’est ainsi que nous avons appris que c’était la première fois qu'un chef d'Etat visite la chambre à gaz du lieu, la seule construite en territoire français (à l’époque annexé par l’Allemagne) Et aussi que le Président avait pris son temps pour visiter toutes les installations, baraquements, crématoire, etc. Quand Florange ferme, on fait le tourisme industriel qu’on peut… Ce fut évidemment l’occasion de faire un discours en lançant un vibrant appel à la paix et à la dignité. "Le pire peut encore se produire" ; "l’antisémitisme et le racisme sont encore là et donc nous devons à travers cette cérémonie du Struthof agir pour protéger ceux qui peuvent en être encore aujourd'hui les victimes"
Bien évidemment, ces cérémonies de mémoire permettent d’évoquer le présent d’une manière qui ne mange pas de pain : "Chaque fois que des chrétiens sont tués parce qu'ils sont chrétiens, chaque fois que des juifs sont tués parce qu'ils sont juifs, chaque fois que des musulmans sont tués parce qu'ils sont musulmans, la France est présente". La jactance incluant toujours comme il se doit un appel à "la défense de toutes les minorités"… Oui, "la France est présente"…
Si j’ai dit "évoqué d’une manière qui ne mange pas de pain", c’est parce que, manifestement, il est toujours fait une distinction, consciente ou non, entre les crimes en question selon qu’ils sont commis en France ou ailleurs : Pour les crimes commis ailleurs, on se préoccupe beaucoup du présent, surtout quand c’est loin. En revanche, pour ceux commis chez nous, on évoque par priorité les drames du passé vécus par les seules minorités encore cataloguées comme telles au présent avec un statut que l’on pourrait qualifier de victimes institutionnelles ou d’espèces protégées. Le corollaire qui découle de cela, par construction, c’est évidemment que l’Etat de droit, la République, toussa, ne reconnaît pas, ne reconnaît plus, de dwouâts particuliers à la majorité, et notamment le droit d’être protégé. La majorité n’a en effet aucune existence juridique et ne peut se définir, le cas échéant, que comme ce qui reste après avoir défini les minorités… Bref, le Non Dénommé par Ailleurs, l’erreur statistique. Mais je m’égare…   

De chrysanthème en chrysanthème, disais-je. L’avantage de ces cérémonies mémorielles, c’est qu’elles permettent de meubler positivement la com’ en fabriquant sans efforts des images de stature présidentielle. En toute autre circonstance, le Pwésident dont il s’agit ne pourrait pas masquer longtemps ce qu’il est en vérité : Un commentateur distancié qui ne sait - et ne peut - que commenter des évènements sur lesquels il n’a aucune prise. Et au sujet desquels il n’ose même plus, comme avant-hier soir, nous dire que ce sera mieux demain… Alors qu’en commémorant, il peut encore nous faire croire que c’était pire hier et donc que tout va bien aujourd’hui…
Car devant des discours à tonalités funéraires en souvenir des défunts, des rappels de faits dramatiques ("qui pourraient se reproduire"…), des dépôts de gerbes, des minutes de silence et des sonneries aux morts, comment oser ne pas être Charlie ? 

- NB : N’oubliez pas ce prochain mois :
3 mai : Journée internationale de la liberté de la presse
10 mai : Journée commémorative de l'abolition de l’esclavage (Fr. métropolitaine seulement…)
17 mai : Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
21 mai : Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement
25 mai : Journée mondiale de l'Afrique…
- Mais vous pourrez oublier :
11 mai : Journée des espèces menacées
15 mai : Journée internationale des familles
   Ce ne sera pas grave…

5 commentaires:

  1. Eh bien voilà! Nous sommes revenus à la 3° ou 4° république quand le chef de l'Etat (qui avait un autre nom mais que je ne vais pas chercher) inaugurait les chrysanthèmes. Il n'est bon qu'à ça. Et quand je dis bon...Il en profite pour nous bassiner encore avec racisme et antisémitisme, de quoi nous rendre tous racistes et antisémites car trop, c'est trop!.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. kobus van cleef28/04/2015 19:52

      C'était le président du conseil
      René Cotty par exemple

      Supprimer
    2. Le chef de l'Etat des III° et IV° Gueuses étaient "garants des institutions" et inauguraient les chrysanthèmes. Ils s'appelaient déjà "Président de la République" ;
      René Coty avec un seul t a été le dernier de l'espèce.
      Le "Président du Conseil" (qui était alors le vrai patron politique) a été fort logiquement dégradé en "Premier ministre" sous la V° vu l'extension considérable des pouvoirs du Président de la République.

      Supprimer
    3. kobus van cleef29/04/2015 08:04

      Rappel salutaire
      Merci
      Quel est ce film où l'on voit Gabin, président du conseil (?) tenir tête à toul'monde à la chambre ?
      Et leurs mines offusquées à chacune de ses saillies !
      Pas demain qu'on risque de voir Molleglande dans ce rôle
      Ni même le tremulant manu les mordasses, d'ailleurs...

      Supprimer
  2. Tu as oublié le 5 ou 7 mai prochain, je ne sais plus, l'inauguration par Président du Mémorial ACTe à Pointe à Pitre.

    RépondreSupprimer