"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 11 avril 2015

L’empire Charlie d’Occident…



Parmi les très anciennes traces documentées de source non chrétienne évoquant les débuts du christianisme, il y a une correspondance adressée par Pline le Jeune, alors gouverneur en Anatolie, à l’empereur Trajan. En ce temps-là, le christianisme était déjà stigmatisé et officiellement condamné par les autorités. Mais il était encore peu répandu et les persécutions, sporadiques, étaient géographiquement localisées. Ayant reçu des dénonciations concernant des chrétiens, Pline ne savait trop quelle attitude adopter et interrogeais Rome. On a la réponse impériale : "considère qu'ils ne doivent pas être poursuivis mais qu'il faut les punir s'ils ont été dénoncés de manière non anonyme et si, convaincus de christianisme, ils se refusent à sacrifier au génie de l’empereur"… On ne peut pas faire administrativement plus ambigu tout en laissant entendre en substance "laisse pisser…"   

L’Empire Romain et la République fwançaise, c’est à la fois pareil et très différent.

- Pareil sur plusieurs points. D’abord, l’anecdote ci-dessus se situe dans les années 110 de notre ère, c’est-à-dire quand l’Empire était à son apogée, grosso modo au point de bascule à partir duquel il entra dans une phase d’irrépressible déclin… Pareillement, vous ne me ferez pas dire que la Ripoublik-que-vous-savez n’est pas au terme déjà dépassé de son stade de maturité 
Pareillement, l’attitude des autorités au regard des religions (sur le papier) est la même dans les deux cas : Le pouvoir politique n’a (officiellement) strictement rien à foutre de ce à quoi les gens peuvent croire ou non. Dans les deux cas, quelles que soient leurs croyances, on leur demande seulement de sacrifier au culte d’Etat, que ce soit le culte impérial ou le culte républicain. C’est-à-dire de vénérer la Religion d’Etat, ne serait-ce que formellement sans y croire, ne serait-ce qu’en en singeant les rites. Une religion révélée par l’élite, dont la fonction n’est pas de relier l’homme à une transcendance mais d’assurer une cohésion d’ensemble sur un territoire donné, de relier les éléments d’un tout.
Pour Rome, la cohésion du tout était assurée par la divinisation de l’Empereur. La seule raison qui fit alors persécuter les chrétiens pourtant respectueux du pouvoir temporel, c’était leur refus de vénérer les idoles, dont la personne impériale.
Pour la Ripoublik, c’est pareil. Les concepts identitaires de Patrie, de Nation, de Culture, de Patrimoine, de Race, etc. ayant remplacé le sexe dans l’ordre de l’obscène, la religion d’Etat s’impose à tous en devenant d’une intraitable férocité. Pour assurer la survie du système de société arbitrairement choisi par l’élite, les tribunaux ecclésiastiques d’aujourd’hui vous expédient à la fosse aux lions au moindre soupçon de recel de complicité d’intention de mécréance. De mécréance, c’est-à-dire de simple doute quant à la validité des divinités officielles que sont Vivremsemble, Diversité, etc. Et Charlie, ne l’oublions pas.   

- Mais c’est aussi très différent. Une différence d’ailleurs inexplicable pour un cerveau normalement constitué. Si les comètes, le réchauffement climatique et la connerie humaine ne raccourcissent pas trop le pronostic vitale de la planète, il est même probable que les archéologues du prochain millénaire se perdront en conjecture en essayant de comprendre le comportement abscons des homos sapiens encore erectus qui peuplaient à notre époque la péninsule extrême-occidentale du continent asiatique…
En effet, autant la religion impériale de Rome avait sa logique interne, autant celle de la Pipeaublik apparaît surprenante : Pour assurer la cohésion d’ensemble de leur système faisant société, non content de considérer comme quantité négligeable, obsolète, inférieure et inexistante les nombreux fidèles d’une religion privée qui ne contestaient en aucune manière l’ordre établi, les grands prêtres de ladite Ripoublik les laissaient massacrer ici et là et ne se privaient pas eux-mêmes de les persécuter quand l’occasion se présentait...
En revanche, la grande œuvre, la mission que s’assignait la religion d’Etat sensée assurer la cohésion du tout, c’était de promouvoir, d’honorer et quasiment d’imposer le culte de la seule religion privée qui, par son être même, était la négation absolue de la religion d’Etat…

Il y a quelqu’un pour m’expliquer ? 


1 commentaire:

  1. kobus van cleef13/04/2015 09:00

    lorsque je fais à mon excellent voisin, révolté athée , révolté social , révolté familial et néanmoins excellent homme , bon voisin, élitiste et chercheur de renommée mondiale , la réflexion suivante "y a un terrible parfum de religiosité dans le discours politrouk vronzais , ne trouve tu pas ? toujours à deux doigts de prononcer des excommunications...." .....ça le fait grimper au plafond
    finalement , on se rejoint
    là dessus comme sur pas mal de points

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