"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

lundi 22 juin 2015

Les déracinés…



Les plus déracinés ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

L’autre jour, regardant la Une d’un hebdo, j’ai vu ce titre : "LES DÉRACINÉS !" s’étaler comme un cri de souffrance sur fond d’image de grappes faméliques d'envahisseurs immigrés clandestins sans papiers… "migrants" bloqués par des grilles… 

Les déracinés, donc. Pour moi, en réfléchissant un peu, ça me fait penser à Maurice Barrès. Ouais… Il s’est complètement planté le mec ! Oui et non… Dans ce roman de 1897 prélude de son Roman de l’énergie nationale, il a sans doute bien perçu l’émergence de ce "Moi-Individu" qui, pour se défendre et s’affirmer contre ce qui n’est pas "Soi" aurait cherché son salut dans sa Nation, sa Terre et ses Morts… Mais ce n’est plus de saison.
Grâce aux bienfaits de la Gueuse de 1789, de l’abolition des jurandes, de la loi Le Chapelier, de la loi Weil, des droits opposables, du "Parce que je le vaux bien" de l'Oréal, de toussa, le déraciné l’est de plus en plus ! Son "Moi-Individu" n’est plus qu’un "Moi" tout court, plume ou feuille déjà morte livrée au mouvement brownien des caprices du vent. Un "Moi" même plus relié – ne serait-ce que par un tiret - à son "Individu" concret. Et cela par la grâce des progrès de la science, des lois et des possibilités infinies de transquelquechose que la génétique propose à ses pulsions… Sans racines… Hors sol… Mais je m’égare.

Revenons aux "migrants". A bien des égards, déracinés ils le sont. Ils le sont à l’aune des sensations et sentiments qui régissent les épidermes sous nos latitudes. Depuis le frigidaire, la machine à laver et l’eau sur l’évier, grande victoire pompidolienne allant désormais de soi ; à l’ère de l’accession à la propriété, des moyens de consommer tout et partout au pied de l’immeuble dans le cocon de l’Etat-providence vu-que-je-le-vaux-bien avec la Carte Vitale et le gilet jaune ; quand on mesure sa réussite et sa sécurité à son compte d’assurance-vie et au prix de sa cuisine Ikea, comment ne pas les juger déracinés ? Plumes au vent ?  

Pourtant… Avec la conservation – dans leurs tripes et dans le réel – du sens de la communauté que nous avons perdu et avec leurs versets du Prophète conservés – librement ou contraints, peu importe – dans la poche effilochée de leur unique jean, ils ont encore des racines qu’ils viennent replanter sur une terre nettoyée au Roundup par principe de précaution où la culture n’est plus pratiquée que hors-sol sur des substrats artificiels que le vent emportera plus loin…     

Et les vrais déracinés, pauvres cons, continuent fébrilement à faire la chasse pour les arracher aux dernières petites pousses résiduelles qui, çà et là, s’enracinent encore dans la terre ancestrale pour en tirer leur nourriture...

Deux exemples de ce week-end viennent encore de le prouver :

- Le ministère a publié dimanche au Journal officiel les nouveaux horaires du lycée pour la rentrée prochaine. Seul bémol : pressé d’ajouter l'enseignement civique, deux matières sont passées à la trappe : La philosophie et l'histoire-géo ont disparu du planning de certaines séries ! (Cf. par ex. le programme de 1° générale série S) Interrogé par l’AFP le Ministère a fait Oups ! "- Ce sont des erreurs qui vont être corrigées, il y aura un nouvel arrêté le plus rapidement possible…"
On pourrait n’en retenir que l’amateurisme foutoiresque des services à Najat et de ses réviseurs lui apportant ses parapheurs. Moi j’y vois un laisser-aller plus profond que trahissent de tels actes manqués…

- Et puis la dernière des services de Matignon au sujet d’un amendement conteste par les bonnes âmes sur un texte concernant le contrôle des "migrants" :
  
«En matière de libertés publiques, la distinction entre Français et étrangers n'est pas pertinente»


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