"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

"Il y a deux aristocraties : celle du haut et celle du bas. Entre les deux, il y a nous, qui faisons la force de la France.

vendredi 26 juin 2015

Le marqueur du Vivrensemblien…



Savez pas ce que c’est que le Vivrensemblien ? Non ? C’est pas grave ! Le Vivrensemblien est (semble-t-il, restons prudent) une des strates les plus fraîches de la période du Cénozoïque récemment authentifiée par l’Union Internationale des Sciences Géologiques.  Bref, le Vivrensemblien descend du Précambrien, que dis-je, du Paléoarchéen, comme l’homme descend de deux belles-mères, chose bien connue et depuis longtemps documentée…

Le Vivrensemblien, donc. Strate fort mince au regard de la nuit des temps géologiques, fort mince et qui le restera. Frémissement discret de la pellicule superficielle non-enracinée des dernières couches en date de l’ère quaternaire, comment se fait-il que les géologues les plus affûtés ont pu la distinguer à l’œil nu ?    
D’abord parce que le Vivrensemblien ne relève pas de la géologie mais – n’ayons pas peur des mots -  de la psychiatrie en général et de la sociolalie en particulier. Les géologues ne sont donc pas compétents, doivent se mêler de ce qui les regarde (tout dirigeant démocrate, social et républicain vous le dira) et c’est à raison que le Vivrensemblien n’est pas dans le dictionnaire.
En demeurant, aussi fugace sera-t-il peut-être, le Vivrensemblien est une période historique qui peut s’observer. Et être observé par n’importe qui, le géologue pouvant dans le cas d’espèce être avantageusement remplacé par le premier abonné au gaz venu pour peu que la grâce divine lui ait épargné certaines pathologies…   

L’acuraba lambda est donc en mesure de repérer le Vivrensemblien. Et c’est facile. Il suffit pour cela d’un seul discriminant qui ne trompe pas, un marqueur qui permet d’identifier à coup sûr le Vivrensemblien qui se sédimente de la manière la plus parfaite dans ce que certains appellent, dit-on, l’ère pédalonautique.  

Ce marqueur, c’est le recours systématique à une grille de lecture d’un manichéisme absolu et sans exception chaque fois qu’un emmerdement se présente ou, tout simplement, qu’on est confronté au réel : On est loin des soixante nuances de gris, il faut qu’il n’y ait que du blanc versus du noir. Du blanc et du noir… Sinon, sans l’inquiétante noirceur d’un coin du décor, comment le blanc pourrait-il rester confortablement blanc-blanc ? On pourrait alors se poser des questions qu’y-faut-pas… Comment faire ses fins de mois sans pouvoir stigmatiser du noir ? Le Vivrensemblien n’existe donc qu’en n’ayant de cesse de trouver à noircir du gris Trianon et à blanchir du gris perle… ou à noircir du gris souris et à blanchir de l’anthracite, peu importe.

On a vu ça avec la Manif pour tous versus les sauvageons du Trocadéro.
On a vu ça avec l’affaire Clément Meric, l’Action antifasciste versus JNR-Troisième voie.
On voit ça tous les jours, "débordements de banlieue" versus Soupe au cochon, etc.    

Avant-hier, on a eu un petit bijou : La corporation des taxis versus UBER-POP…
Je ne m’étends pas. Suffit d’aller chez Corto les suites données à ces "débordements"…

E plus tout est gris, plus il est difficile de décréter du haut du magistère qui est noir et qui est blanc, plus c’est la panique !  
Monté sur ses ergots, le guignol placé on-ne-sait-pourquoi (si), au sommet de la heurte* du système Vivrensemblien trépigne, chausse ses bottes de lider maximó et proclame n’importe quoi !

Il paraît que c’est normal.

* "Heurte" : n.f. "Masse pyramidale de matières, souvent considérable, qui se forme au droit des chutes dans les fosses septiques" (Littré) 
J’éprouve une tendresse particulière pour ces vieux mots français qui, après bons et loyaux services, tel l’allumeur de réverbère ou le poinçonneur des Lilas, ont perdu leur emploi par la férocité du progrès technique…


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