"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

jeudi 29 octobre 2015

De chrysanthèmes en chrysanthèmes…



Les barbiches, moustaches et autres têtes de veaux qui se sont succédé à l’Elysée durant les III° et IV° Républiques n’avaient finalement que deux fonctions :
- Bricoler de façon récurrente pour faciliter des arrangements et compromis entre les incontournables et contournables influents du moment au Palais Bourbon. Puis officialiser toussa plus souvent qu’à chaque mort d’évêque en nommant ou renommant un Président du Conseil en charge de tenter de faire le job.
- Et, pour occuper le reste de leur temps, inaugurer des grandes réalisations architecturales ou technique, distribuer des décorations, présider des cérémonies mémorielles, embrasser les enfants des écoles, animer des minutes de silence, etc. Bref, inaugurer les chrysanthèmes…

Par exemple, il y a aujourd’hui 83 ans, le 29 octobre 1932, le Président Albert Lebrun – dont le septennat s’acheva si tristement – était à Saint-Nazaire pour présider au lancement du paquebot Normandie. Réalisation de notre industrie navale, il était alors le plus grand paquebot au monde et fut ensuite le seul non anglo-saxon à décrocher le  "Ruban Bleu" (le plus rapide reliant l’Europe à New-York) On comprend que le Président soit là. Et il revint à Mme Lebrun d’en être la marraine et de briser sur la coque la traditionnelle bouteille de champagne. Il est vrai qu’Albert Lebrun avait une concubine un scooter une épouse. On fait avec ce qu’on a…
De nos jours, on mesure le chemin parcouru. Entouré de gardes du corps et de petits marquis de cabinet, son lointain successeur va à Saint-Nazaire dialoguer avec trois syndicalistes qui refusent de lui serrer la main. Toussa en s’assurant expressément que reste hors champs des caméras l’indécent fond de décor. Pourtant, on avait bien pris soin de masquer pudiquement le nom du fruit de leur dernier travail, bradé en partie désossé à des acheteurs d’occasion à la solvabilité douteuse. Là aussi, on fait avec ce qu’on a…
Mais je l’égare.

Revenons à nos moutons. Par la volonté de De Gaulle et la plume de Debré (Michel !), la V° République voulait que la fonction présidentielle soit autre chose que les seules deux fonctions évoquées plus haut. Les trois premiers titulaires du poste ont rempli le contrat. On peut ergoter pour les deux suivants mais bon, ils ne se contentaient pas d’être "normaux"…
Avec notre actuel 6° titulaire, on est carrément retombé dans les seules fonctions précédentes, d’Adolphe Thiers à René Coty : Trouver un gestionnaire pour Matignon et… inaugurer les chrysanthèmes…

Mais en pire.

- Le rôle présidentiel de facilitateur des bricolages et arrangements de couloir perdure évidemment. Les compromis se font toujours en tenant plus ou moins compte  des rapports de force du moment, mais il ne s’agit plus des rapports de force entre les composantes au sein d’une assemblée d’élus présumés représentatifs. Seulement d’une résultante, souvent ponctuelle au gré des circonstances, des modes et des faits divers, des rapports de force entre les ambitions et les monomanies des membres d’un club de professionnels qui ne représentent plus guère qu’eux-mêmes et leur image dans les médias.

- Et, comme ça ne suffisait pas, la fonction protocolaire d’inauguration des chrysanthèmes s’est dégradée et dévoyée au point d’en devenir obscène. On se souviendra de la façon dont il s’est mêlé sans raison de "l’affaire Leonarda", de la façon dont en janvier dernier, alors que son rôle premier était de réunir d’urgence un comité de sécurité de crise et de s’informer, le Pédalonaute s’est précipité à Charlie Hebdo avec son conseiller en communication pour se faire voir et émotionner son image… Et depuis, ça n’arrête pas et ça s’accentue de semaine en semaine : Commentateur des faits divers, évoquant au cours d’un déplacement à l’étranger sans s’être renseigné l’affaire des pilotes de "Air Cocaïne", il fait organiser des "Hommages Républicains" pour des victimes d’accident de la route pour aller toucher les écrouelles  devant les caméras.
Je commentais en juin 2012 sa photo officielle par Depardon. Et je voyais là la photo endimanché d'un employé des Pompes Funèbres Générales. C'est ça.

J’attends les "obsèques nationales" (républicaines…) d’un bébé réfugié bouffé de gale mort sur un bord de route à Calais. Ce sera grandiose.
Faute de mieux, en attendant, il sera demain au Mont-Saint-Michel "rendu à la mer". Il ne dira pas un mot de la grandeur et de l’âme du site mais fera la promo de la COP21… Ce sera banal…


3 commentaires:

  1. "Les trois premiers titulaires [élus] du poste" parce que sinon c'est MonGénéral, Poher, Pompidou.
    On oublie toujours Poher pourtant je me souviens que lors de la campagne où il s'était présenté le slogan des pompidoliens était, avec une superbe caricature de Poher façon celle de Louis Philippe en poire, "quand la Poher est blette on la jette". (il faudrait que je la recherche)
    Maintenant c'est nous les poires.
    Merci d'avoir évoqué le Pdt. Lebrun (un très lointain Tonton) qui tenta d'agir selon ses convictions (c'est devenu très rare) mais sans réel pouvoir (cf. sa fiche Wikipedia).
    Droopyx

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    1. Vous pinaillez un peu mais c'est vrai qu'Alain Poher fit DEUX intérims... Il fut d'ailleurs, pour clôturer le premier, candidat du centre et de la droite anti-gaulliste au 1° tour contre Pompidou. Je m'en souviens d'autant mieux que, m'étant assagi, j'avais... "fait" sa campagne ! (on s'en ait vu avec les gros bras du SAC...)
      Je dis "m'étant assagi" car à la précédente présidentielle (1° au suffrage universel), encore étudiant, je faisais celle de Tixier-Vignancour... ^^

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  2. kobus van cleef31/10/2015 09:22

    À l'époque, le prez de la république avait encore quelques pouvoirs
    Utiles ,est il nécessaire de le préciser ?
    À cette heure, il ne lui reste que la possibilité d'emmerder la grande masse des tribuables et de gratifier ses groupies
    Ou de payer comptant comme il est dit dans le zéro et l'infini
    ( le héros/anti-heros , est assis face à son interrogateur, une lampe lui vrille les rétines ,il en peut plus, il lâche un nom ,aussitôt l'intensité lumineuse baisse, ses yeux fatigués recommencent à voir et il se pense "Néandertal paie comptant"..... Ça me fait penser à toutes ces mesures zosietales, tous ces renvois d'ascenceur, toutes ces lois mémorielles, tous ces contrats signés en dépit du bon sens avec nos anciens serfs ....)
    Et, bien sûr, il lui reste le pouvoir ( ou l'obligation ?) de toucher les écrouelles du corps zosial souffrant
    Certes, Molleglande en use et en abuse ,cependant, y a des coins ou il ira pas faire son cinéma, zavez remarqué ?
    Pareil pour le VRP de chez habitat ou d'ikea ....
    Le pire dans tout ça fut Chirac ,ce cryptocommuniste ,première déclaration, le vel' d'Hiv .....il à payé comptant ce jour là...
    Sarko pas mal non plus avec son petit chouif mort en deportance juché sur l'épaule de chacun des écoliers vronzais.....
    C'est pour ça que je pense que Marine fera une bonne présidente, elle aura pas à payer comme Néandertal, et de toutes façons, le palper des écrouelles s'accommode mal de ses façons de maritorne
    Elle foutra les mains dans l'évier pour tenter de le déboucher
    Y a du boulot !

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