"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 16 mars 2016

Barbarinades...


Depuis lundi, en zappant de chaîne en chaîne à la télé, des "vingt-heures" jusqu’à tard dans la nuit, de journaux d’infos en débats et avis d’experts ; comme le matin dans les quotidiens, on n’a pas échappé à la nouvelle Trinité du moment : "Cardinal Barbarin – pédophilie – Eglise catholique"… Et hier soir c’était ça ou toujours la même photo d’une façade d’immeuble à Forêt passée et repassée en boucle jusqu’à plus soif. Choisissez…
Et la presse quotidienne tire à la ligne avec gourmandise : "Un tel silence se paie très cher" ; "Presque une complicité" ; "Il bénéficie encore du soutien du Saint-Siège" ; "Il a juridiquement raison, mais moralement tort" ; etc.  Et, bien évidemment : "C'est bien la peine de pousser des cris d'orfraie à l'idée que des enfants puissent vivre entre deux parents de même sexe si c'est pour n'être pas fichu de garantir la protection de ces mêmes enfants des agressions sexuelles dans les tentes de scouts ou les sacristies"…
Tout aussi évidemment, Manu-la-Mâchoire y est allé de son couplet en demandant à l'archevêque de prendre ses responsabilités, c'est-à-dire de démissionner. De quoi j’me mêle alors que la justice n'a pas encore jugé cette affaire ? Ce n’est pas le rôle d’un Premier ministre de hurler avec les loups, sans savoir de quoi il parle. Mais on a l’habitude…
   
Bon, de quoi s’agit-il ?

- De jeunes scouts ont été victimes d’agressions sexuelles par un prêtre du diocèse de Lyon entre 1986 et 1991(voire depuis la fin des années 70 pour certains) Aucune plainte n’a été déposée depuis trente ans et ce prêtre était toujours en activité dans le diocèse en 2015, à des fonctions où, selon les plaignants d’aujourd’hui, "il pourrait donner impunément des cours de catéchisme à de jeunes enfants"…
- Le Cardinal Barbarin a été nommé évêque de Lyon et y a pris ses fonctions en 2002, plus de dix ans après les derniers faits incriminés. Ayant eu connaissance d’une partie des faits vers 2007-2008, il a immédiatement convoqué le prêtre en question, lequel a reconnu les faits et affirmé ne plus s’être livré à de tels actes criminels depuis 1991 (soit depuis 16 ou 17 ans alors) Le Cardinal décida de le laisser en fonction…
- Fin 2015, des victimes de ce prêtre (et semble-t-il d’un autre) se sont constitués en association et portent plainte contre Barbarin (plus quatre de ses subordonnés et une huile du Vatican pour faire bon poids) Le cardinal aurait dû "sanctionner" ce prêtre. Aussi sec, le 4 mars 2016, le parquet de Lyon a annoncé avec force trompettes avoir lancé une enquête préliminaire pour "non-dénonciation de crime et mise en danger de la vie d’autrui".
- Il aurait dû sanctionner quoi exactement ? Des abus sexuels ? Pour sanctionner ces agissements il aurait fallu que les victimes déposent plainte, ce qu’elles n’ont jamais fait jusqu’à ces jours-ci, choisissant pour des raisons qu’elles seules connaissent de ne pas saisir la Justice. Les plaignants sont tous âgés de 40 à 50 ans. Une victime mineure d’abus sexuels peut porter plainte jusqu’à 20 ans après sa majorité ; une des prescriptions les plus longues, plus que pour un homicide. Donc jusqu’à l’âge de 38 ans. Ça laisse le temps de réfléchir. Si la mise hors circuit du coupable était jugée nécessaire par les victimes, pourquoi avoir attendu tant d’années et laissé passer la prescription sans demander aux podestas de l’Eglise de l’écarter de ses fonctions ?
- Que reprochent-ils aujourd’hui à Barbarin ? Sans doute ce qu’ils se reprochent à eux-mêmes : leur silence, leur défaillance ou leur choix de taire ce qu’ils avaient subi. Ils attendent peut-être que cet homme prenne pour eux les responsabilités qu’ils n’ont pas pu assumer. Accepter l’idée qu’un tiers puisse être responsable sans aucune raison objective des actions ou des carences d’autrui, quelle qu’en soit la raison ou la cause, ouvre directement la porte à l’arbitraire le plus terrifiant et le plus dangereux pour une société.

Car de quel droit Barbarin aurait-il "sanctionné" ? Rien dans la loi n’autorise un individu, quel que soit son rang et sa fonction, à s’ériger en juge et à s’immiscer dans les affaires de justice. Certes, en dehors des poursuites judiciaires, l’Eglise, comme toute institution, pouvait prendre des mesures disciplinaires. Encore devaient-elles être fondées. Mais en l’absence de réclamations, de plaintes, où est la faute justifiant une sanction disciplinaire ?
- Selon les termes de la procédure engagée contre Barbarin, il faudra démontrer qu’il savait, qu’il a couvert et, empêché de dénoncer un crime. Cela risque d’être compliqué puisqu’il semble au contraire établi qu’il a conseillé de déposer plainte quand on l’a sollicité… 16 ans après les derniers faits. D’ailleurs, s’il avait dénoncé ces faits en 2007 quand il en a eu connaissance cela n’aurait rien changé ; ils étaient déjà prescrits car trop anciens. Et pourquoi ne s’en prendre qu’à lui ? Comme c’est curieux…

La justice est saisie de deux plaintes. Bon Qu’elle fasse son travail.
Il est regrettable que les politiques et médiacrates s’agitent sur un dossier dont, en principe, ils n’ont pas à connaitre. Rappelons encore qu’en droit français l’enquête préliminaire et l’instruction d’une affaire sont secrètes. Le secret de l’enquête et celui de l’instruction sont consacrés par le code pénal. Le premier ministre ne serait-il pas égal à ses concitoyens face à la Loi ?
Il faut espérer qu’au motif qu’elle est relayée par tous les médias, une parole de plaignant ne suffira pas pour frapper d’indignité absolue un homme-cible n’étant pas l’auteur des faits subis par les victimes ! On en oublierait presque l’auteur des abus sexuels dénoncés…
On assiste là à un lynchage en règle, qui confirme, s’il en est besoin, que nous sommes de moins en moins en démocratie mais de plus en plus dans un système totalitaire (encore doux mais durable, hein ?).
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Ah oui ! N’oubliez pas qu’il est indécent d’évoquer ce qui se passe dans les milieux scolaires et dans d’autres confessions religieuses ; ça ne se fait pas. On saluera quand-même la franchise de Najat qui a reconnu hier la radiation durant l’année 2015 de 27 personnels des établissements scolaires de l’Educ’-Nat’ suite à des condamnations prononcées par les tribunaux pour actes pédophiles. Mais n’en doutons pas, s’il n’y avait pas eu le "scandale Barbarin", on ne lui aurait pas posé la question…
Des imams ont aussi été condamnés pour des faits similaires. Vous en avez entendu parler ?

1 commentaire:

  1. Aux agapes des Frères La Truelle, il est bon de bouffer du curé.

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