"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 7 juin 2013

On fait les oraisons funèbres qu’on peut…



J’sais pas faire…

Bon. Pierre Mauroy est mort. C’est pas rien.

Souvent, je fais des associations d’idées idiotes. Par exemple, ce curé méridional qui doit être décédé depuis un bail et que j’avais vaguement fréquenté dans le temps. Il devait mesurer quelque chose comme un mètre cinquante-deux avec talons. Et bien figurez-vous que chaque fois que j’ai l’occasion de méditer sur la hauteur standard des urinoirs dans les pissotières (dans ces circonstances on s’occupe l’esprit comme on peut), même aujourd’hui je ne peux pas m’empêcher de penser à lui… Rester présent dans la mémoire des vivants, vous voyez à quoi ça tient…
Eh bien, la première chose à laquelle j’ai pensé en apprenant le décès de Pierre Mauroy, c’est à la taille standard des cercueils et au poids maximum de portage autorisé par la convention collective des salariés de pompes funèbres…
Faut dire que la dernière fois que j’ai côtoyé Pierre Mauroy, c’était dans un salon lillois vers la fin des nineties, le tour de taille concurrençait la pyramide de Khéops et le métrage de tissus anglais de la veste de costard, j’vous dis pas… Comme au vertical c’était plutôt le genre Helmut Kohl que mon curé, je vous laisse faire le dessin. A côté, même André Compan, pour la circonférence c’était une taupinière ! Oui, Compan, un prof formidable (au propre et au figuré) du lycée de ma jeunesse : quand il passait sous l’ampoule du plafond, il faisait nuit dans le couloir…
Ceci-dit, je suis sûrement à côté de la plaque ; luttant contre le cancer, il avait sans doute décollé depuis…

Mais soyons plus sérieux. Une page se tourne. Nous perdons un des derniers témoins des très riches heures de la SFIO, des luttes héroïques de la classe ouvrière, des temps bénis où le moteur du Grand Soir ne rugissait pas qu’au point-mort de la Bastille à la Nation, où l’appareil tenait les corons et les mutuelles et où l’on chantait l’Internationale dans les banquets entre des hectolitres de Stella Artois et de Jupiler payés par la caisse de solidarité sans s’emmerder de transparence. Bref, c’était avant… Avant quoi ? - Avant les années fric. Avant que le prolo se soit fait dézinguer par un tripatouillât de radsocs francs-maçons recyclant en douce l’internationalisme prolétarien en mondialisme liberto-profitable…
Pierre Mauroy fut le dernier d’avant à être "aux affaires" : Le mec petit prof d’histoire-géo en collège technique, entré à 18 ans à la SFIO comme en religion et dont l’épouse s’appelle Gilberte, etc. Toute une époque ! En ce temps-là, les mecs qui avaient fait Sce-Po et qui sortaient du lot, ce n’étaient pas parce qu’ils passaient par l’ENA, c’était souvent parce qu’ils étaient "issus de la Résistance" (ce qui ne valait pas forcément mieux…)
Bref, Pierre Mauroy fut surtout de mai 81 à juillet 84 le Premier ministre auquel Mitterrand avait confié la mise en œuvre du programme de retour à la Lumière. Il fut donc l’homme-orchestre du désastre économique qui a fait basculer la gauche dans les bras de Goldman-Sachs… Basculement inauguré d’abord petit-bras sous la houlette et le parapluie de… Laurent Fabius.

Le résultat n’étant pas plus probant, il appartient dorénavant à Ayrault d’essayer autre chose. Après Mauroy s’essayant au désastre économique, il revient à Ayrault de s’essayer au désastre anthropologique. C’est en bonne voie…

Saluons la mémoire de cet homme. Ainsi que celle de tout ce qu’il représentait, choses que la plupart des petits marquis qui nous gouvernent n'ont pas connu…       

12 commentaires:

  1. "Gros Quinquin" est mort, les pinardiers saluent sa mémoire.

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  2. Bin je n'ai pas pleuré.
    C'était un …je vais rester polie puisqu'il est mort.

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  3. Si j'ai bien compris, personne ne le pleure.
    Alors je vais me dévouer.
    En ces années 70, les jeunes qui comme moi ont fait le choix d'adhérer au PS étaient idéalistes.
    Dans la mouvance "Témoignage Chrétien" nous fûmes nombreux (j'aimerais avoir une idée sur le nombre qui restent dans ce parti*) mais cela est une autre histoire.
    Donc, les jeunes (beaucoup derrière Chevènement) voyaient dans les anciens de la SFIO (dont Mauroy) des Ovni d'une autre époque. Eh bien aujourd'hui où je vois les opportunistes en masse "militer" au PS dans l'espoir d'une place au chaud près de l’assiette au beurre, je me mets à avoir de l'estime pour ceux qui se sont engagés dans ce parti (Section Française de l'Internationale Ouvrière -prière de ne pas rire) en un temps où ce n'était pas un investissement sûr (je sais bien que ce raisonnement ne vaut pas pour le Nord).

    * Le Général aurait dit :
    "Je n'aime pas les communistes, parce qu'ils sont communistes,
    je n'aime pas les socialistes, parce qu'ils ne sont pas socialistes,
    je n'aime pas les miens parce qu'ils n'aiment que l'argent"

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  4. Est-il indiscret de vous demander dans quel lycée vous avez connu André Compan ? Aurions nous ,vous et moi, fréquenté le même établissement dans notre jeunesse ?

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    1. Quelle indiscrétion ! En général, je ne réponds aux questions un peu personnelles qu’adressées par mel (adresse dans la colonne de droite, forcément de droite…)
      Mais je serai bon avec vous : En l’hôtel impérial avoisinant les tennis dans la bonne ville vénérée par le dit Compan, deuxième moitié des fifties et début des sixties d’un siècle révolu…

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  5. Mauroy devait croire à sa révolution économique. Je ne suis pas sûr qu'Ayrault croie une seconde à sa révolution anthropologique.

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  6. En plus, il ne tenait pas l'alccol. Comment croire en quelqu'un qui vomit son ouiski dans les toilettes, le futal sur les genoux...

    Il est vrai que la mémoire se manifeste souvent en d'étranges circonstances.
    Il m'arrive de relire quelques trucs de Voltaire et me voici 50 ans en arrière, discutant de Zadig avec mon prof de Français, 1,90m, 90 kg, véritable pilier de rugby, jouant à Laurel et Hardy en compagnie de mon autre prof d'histoire-géo-morale, 1,60m, 60 kg, deux profs qui m'ont fait aimer la littérature et l'histoire.

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  7. Eh ben je sors d'assister à "l'hommage national" rendu au gros et je reste ébahi devant la vacuité grandiose de ce bonhomme et de sa "carrière". Les socialos ont tellement rien à dire, à proposer, à faire, tellement peu d'enthousiasme à insuffler, qu'ils en sont réduits, pour tout symbole, à dithyramber devant les morts, aussi nuls qu'ils aient été... Attendons avec impatience la mort de Delors, de Badinter, de Rocard, de tous ces gens qui, méthodiquement, ont fait ce qu'ils ont pu pour nous faire tomber, pour réduire avec de grands mots, un pays qui fut grand en bidonville africain.
    Le petit peuple, lui, pourra mourir sous les coups de l'invasion, il n'y aura pas de cérémonie.
    Ces gens sont tous des merdes absolues.

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    1. Assister à ce genre de "célébration" ? Vous avez de bien curieuses perversions...

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    2. Ah mais non, en tant que vieillard solitaire j'avais simplement allumé la télé et je suis tombé sur cette ridicule et indigne cérémonie... J'en croivais pas mes yeux ! Un mois (ou deux ?) après Aisselle, les mêmes débiles cérémonieux, pompeux et vides. Impressionnant...

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