"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 24 juin 2015

Allo Tonton, pourquoi tu tousses ?



Selon des documents de Wikileaks, la NSA se serait livrée à des écoutes prolongées des Présidents Français au moins entre 2006 et 2012. Gros scandale, grosse indignation surjouée dans toute la classe politique, réunion d’urgence du Conseil de Défense par le Pédalonaute, convocation de l’ambassadrice de l’Oncle Sam par le rescapé du Rainbow Warrior, toussa... C’est la moindre des choses et c’est de bonne guerre…

Bon. Ne soyons pas naïfs. L’impérialisme américain est une réalité géopolitique, économique, financière, commerciale et culturelle. Une pieuvre avec pleins d’usines au fond des yeux, un bec à l'appétit féroce et un tentacule dans chaque pays. Et tous les moyens lui sont bons pour conserver à ses tickets de Monopoly verts le monopole (encore) de fait sans lequel elle s’effondrerait sous son propre poids…

Donc, cet après-midi à 16h30’ (10h30’ à Washington) François II Pédalonaute s’est éclairci la gorge et a appelé Barak pour lui demander des explications ("entretien à propos des divulgations de fiches d’écoutes par la presse française" dixit l’Elysée) Pris les doigts dans la confiture, ce cher Barak n’a dû que lui resservir la doctrine US officielle : De manière générale, nous ne menons pas d’opérations de surveillance à l’étranger sauf s’il existe un objectif de sécurité nationale spécifique et validé et "cela s’applique aux citoyens ordinaires comme aux dirigeants mondiaux" Ceci-dit, Barak a tenu à le rassurer : Les écoutes se sont arrêtées en 2012 et la Maison Blanche nie absolument espionner notre actuel chef d’Etat…  A la place de notre Président, rassuré ou non, j’aurais été plutôt vexé… Car voulez-vous que je vous dise ? Là, Obama j’ai tendance à le croire !

Même si Chirac et Sarkozy ont toujours été très atlantistes, ils veillaient malgré tout à conserver une certaine indépendance dans l’intérêt de la France. Cela les amenait parfois à adopter des options divergentes contraires aux positions US. On a vu ça, notamment, lors de la 2° guerre d’Irak ainsi que sur des dossiers comme la Russie, la Syrie, voir l’Iran ou Israël… Il n’est donc pas surprenant que sous les présidences Chirac et Sarkozy l’administration américaine ne soit pas embarrassée de déontologie dans le souci d’anticiper et déjouer les plans diplomatiques français.
Mais depuis ? Depuis qu’on a rallumé la lumière en mai 2012, citez-moi un dossier où la France ne s’est pas alignée comme un caniche sur les talons de l’Oncle Sam ? Bien sûr, il y a de temps en temps des vétos à l’ONU et autres fariboles sur le conflit israélo-palestinien, ce merdier récurrent depuis 70 ans qui tiendra encore l’affiche longtemps ; mais c’est là posture d’estrade dont personne n’est dupe. A part ça ? La Fwance reste parfaitement alignée. Au point qu’il faille parfois la retenir comme on rappelle son chien pour le remettre à la laisse ; rappelez-vous quand l’autre dingue était sur le point d’envoyer nos gars trucider Assad…
Désormais, pas de souci avec la Fwance.  La French-American Foundation sélectionne et cornaque les young leaders, la finance est sous traitée à Goldman Sachs, le gouvernement est à fond la caisse pour signer le Traité transatlantique TAFTA sans le lire (trop compliqué) ni consulter le Parlement (surtout pas !) puisque les gnomes de Bruxelles disent que c’est bien… Bref, les p’tits gars de la NSA ont sûrement vite compris que ce n’était pas nécessaire d’écouter le Frenchie vu que chez eux time is money… . En 2012 il n’a pas fallu plus de six mois pour les en convaincre…   


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