"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 12 février 2016

Mâles et femelles encore une fois…



 Voici donc ce qui devrait être, suppose-t-on, le gouvernement de combat pour la dernière ligne droite. Le truc super-blindé à chenilles tout-terrain avec quatorze mois d’autonomie en carburant et tourelle de tir tous azimuts. Avec un équipage de choc en état d’urgence pour vous torcher en six mois l’inversion de la courge du chômage ; le défi de l’immigration de masse ; la menace de l’impérialisme islamiste ; la crise bancaire, celles de l’euro et de l’Europe ; rectifier les conneries faites à l’international de l’Ukraine à la Syrie, de l’Iran à la Lybie… Et, bien sûr, entre deux, torcher les réformes annoncées comme celle du Code du Travail…
Toussa, en six mois. Oui, j’ai dit six mois seulement. Car aucune vraie réforme qui ne soit pas que du bruit avec sa bouche ne peut se faire par simple décret vite-fait sans passage au Parlement. Déjà, le démarrage du job va être freiné par le bourbier en cours de la réforme constitutionnelle inutile et à la con. Puis, dès la rentrée de septembre, tout le travail législatif sera absorbé par la préparation du budget 2017, oh combien délicat pour le window dressing des sortants. Ensuite, toussa se mettra en off en vue des présidentielles…

Autant dire que les déclarations d’hier soir du Pédalonaute (que je n’ai pas écouté) sur la poursuite des réformes, hein, c’est nous prendre encore et toujours pour des cons.

Mais revenons au gouvernement. Ça ne mérite plus que je me paluche naïvement d’en faire une analyse exhaustive comme en 2012. Si besoin, consultez Corto. Bon, quoi de neuf ?
D’abord, on passe de 32 à 38 guignols vu qu’il y a du boulot. On notera le maintien liturgique de cette sacro-sainte parité qui n’a certes pas besoin d’être désaccentcirconflexée mais dont on s’étonne qu’elle n’ait pas déjà été surconstitutionnalisée.
- L’arrivée de Jean-Marc Ayrault au quai d’Orsay appelle plusieurs observations. D’abord, qu’on n’a plus grand monde de présentable en magasin. Ensuite que le signal qu’on entend donner est qu’on va plutôt adopter un profil bas à l’international, plus raisonnablement prévisible. Enfin que, quoi qu’il arrive, on ne fera jamais de vagues vis-à-vis de l’Allemagne…
- Côté ouverture à l’universalité de la Fwance, on passe au gouvernement de 2 à 3 bi-citoyens marocains.
- Le départ de Fleur Pellerin, acté, dit-on, avec cette goujaterie coutumière au Pédalonaute, mérite qu’on s’y arrête. On avait là l’exemple parfait de la technicienne super dotée en QI, etc. dans sa partie mais totalement inculte dans les autres domaines de la vie. Tout à fait le genre, donc, qui convient aux milieux ministériels. Initialement recrutée pour l’économie numérique, cette fille a été balancée toute nue dans le marigot de la Kultur où elle ne pouvait que se faire piéger et faire conneries sur conneries. La preuve sublime nous en a été donné ce matin sur Fwance-Cul’ par la litanie dithyrambique de qualités que lui trouvait le chœur des pleureuses de la Réunion des Artistes Subventionnés. C’est la preuve aussi, mais on le savait déjà, qu’on se fout éperdument de l’adéquation minimale d’un ministre au contenu du poste, seule comptant l’équilibrage de la répartition des postes…
- J’écrivais l’autre jour au sujet de Badinter et du Code du Travail : "…que le gouvernement d’un pays développé n’ait trouvé à confier ce dossier qu’à une retraité de 88 balais sorti du formol pour l’occase me déclenche une Schadenfreude qui réchauffe autant mes vieux os qu’un single malt 18 ans d’âge." Autant dire que la nomination de Jean-Michel Baylet à l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales me fait le même effet et je l’en remercie. Voilà un patron de presse de 70 ans, longtemps "parrain" d’un département, déjà ministre il y a trente-deux ans et qui l’était encore il y a 22 ans et, surtout, qui a été battu aux deux dernières élections où il s’est présenté, qui reprend du service ! Il est vrai seul cacique du radicalisme cassoulet pouvant encore exercer quelque pouvoir de nuisance…
- On passera sur le retour des Verts au gouvernement. C’est toujours quinze mois d’indemnités et d’avantages en nature de pris. Jean-Vincent Placé a assez gigoté et agioté pour ça qu’on aurait peine à le lui refuser.
- Michel Sapin à la fois ministre des finances et des comptes publics (en direct). Ça sent son souci de maintenir Macron dans le pré carré bac à sable où on lui permet de jouer, histoire d’enfumer les milieux d’affaires…
- Jean-Yves Le Drian, vu le contexte, ne pouvait quitter la Défense et continuera d’enculer les Bretons. Un emploi fictif de plus à Rennes… Et Stéphane Le Foll continuera à subir son calvaire agricole.
- Il n’y a pas que Najat qui soit indéboulonnable. Totalement transparente, George Pau-Langevin est toujours là ; on l’oublie trop. C’est qu’elle a été "ministre déléguée à la réussite éducative" vous savez. Un portefeuille créé pour elle dès le 1° gouvernement Ayrault en 2012. De l’aveu même des médias bien-pensant, un portefeuille "dont le périmètre n’a jamais été précis." Et depuis 2014 les compétences de cette "guadeloupéenne de Paris" lui ont valu d’être promue "Ministre des Outre-Mer".
- Le reste, piétaille PS et conseillers élyséens, ne mérite pas d’être examiné de près. Ah si ! Quand même. J’ai adoré la création d’un "secrétariat d’Etat à la Biodiversité" et que le ministère du logement s’élargisse à l’habitat durable, forcément distinct du logement. Je salue la création d’un "secrétariat d’Etat d’aide aux victimes" qui, n’en doutons pas, est promis à un grand avenir. Enfin, comment ne pas se sentir mieux en apprenant que l’égalité dont se soucie le gouvernement est désormais l’égalité réelle 






Les survivants de mai 2012

2 commentaires:

  1. L'habitat durable devrait plutôt être dans le périmètre de Ségolène Royal mais on n'est pas une incohérence près ; de même que j'aurais plutôt vu la pêche pour Le Fol et non pour le secrétariat aux transports

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    1. Parfaitement. Il y a bien d'autres incohérences qui arrangent les intéressés. On peut citer par exemple le foot professionnel qui ne devrait pas relever de "jeunesse et sport" mais du service marchand des entreprises de spectacles. Ou encore les expositions et ventes d'art contemporain qui n'ont rien à voir avec la Kultur mais avec le commerce et l'industrie...

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