"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mercredi 10 décembre 2014

Grande cause nationale…



"La lutte contre le cancer, grande cause nationale"… Réélu avec le plus gros score historique de second tour (82%) après le plus faible score historique de premier tour pour un président sortant (19%) sur un programme appel au front uni contre la haine, Jacques Chirac avait trouvé ça comme cause nationale. Le truc qui ne mange pas de pain hormis quelques dotations budgétaires à saupoudrer çà et là et, surtout, qu’aucun acuraba ne puisse oser contester. Que ça fasse ensuite plus ou moins pschitt importait peu. Bref, le truc con-sensuel, non-clivant par excellence, qui rassemble

Aujourd’hui, le gouve’nement est aux abois : Tous ses pactes de et ses chocs de ont fait pschitt. La plupart de ce qui n’a pas déjà été retoqué par le Conseil constitutionnel ou le Conseil d’Etat le doit au fait de n’avoir pas dépassé le stade de l’annonce… Après deux et demi à faire joujou avec le sociétal, il lui faut enfin se décider à entrer dans le dur, c’est à dite dans la réforme du structurel… Allo quoi ? On allait voir ce qu’on allait voir, on allait renverser les montagnes ; et quelles montagnes ! Dans la version Montebourg, ce n’était pas le Mont-blanc mais au moins le Tacul ou le Maudit ! Revu et corrigé par Macron, on nous annonçait à la rentrée les volcans d’Auvergne. Arrivé sur la table du conseil des ministres, ça ressemble aux douces collines du Boulonnais. Et à l’arrivée en première lecture à l’Assemblée, ce ne sera plus qu’une taupinière. Taupinière de terres variées et non compactées de 106 mesurettes que Manu-la-mâchoire a tenu à présenter ce matin en grande pompe, entouré de dix ministres, en disant que c’était un "Texte d’intérêt général"… Interprétez-moi ça… Et cette taupinière dont on ne reparlera sans doute plus dans un mois, il faudra peut-être que ce gouve’nement use du 49-3 pour la faire adopter par ses 288 guignols qui ne seraient qu’une soixantaine sur 577 si on revotait demain sur les mêmes règles… Le quinquennat est bien terminé ; il n’y a plus rien à faire et même plus de pognon pour les soins palliatifs… Mais je m’égare.    

Le gouve’nement, donc. "Que faire ?" disait Lénine. Ben retrouvons le con-sensuel sociétal ! La méthode est toujours gagnante. Et quoi de mieux qu’une grande cause nationale ? Profitant du crime sordide et crapuleux aux motivations racialistes dont a été victime un couple lambda de Créteil, Bernard Casevide Cazeneuve  a déclaré : "- Nous devons faire de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme une cause nationale…" et comme on est franchouillard et socialo mine de rien, il a ajouté : "…en y associant toutes les administrations intéressées." Que c’est beau ! Le gouve’nement l’a confirmé, Manu-la-mâchoire et le Pédalonaute ont appelé à la mobilisation, toussa…

Donc, le racisme et l’antisémitisme™. Bon ça, Coco ! Pas besoin d’en définir le contenu, il va de soi. Tellement de soi qu’il vaut mieux ne pas savoir. D’ailleurs, les médias y vont chacun de leur contraction de texte pour économiser les signes et espaces :
- Le Cazeneuve a dit texto :
- D’après le Figaro : "faire de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme une cause nationale" (exact)
- D’après Le Monde : "faire de la lutte contre l’antisémitisme une cause nationale ",
- D’après l’AFP : La phrase exacte dans le corps du texte mais donne comme titre de sa dépêche :
"La lutte contre l’antisémitisme érigée en cause nationale"…

De manière subliminale, le racisme est second par rapport à l’antisémitisme… L’antisémitisme est la mère de tous les racismes, la Shoah est sa preuve ontologique et le CRIF est son prophète.
J’ai déjà fait remarquer ici qu’on parle d’islamophobie mais pas de judéophobie ; qu’on parle d’antisémitisme mais pas d’anti-islamisme (et évidemment pas d’antichristianisme…) Qu’il s’agisse des gngn-phobies qualifiées de pathologies sociales par le ministre ou des anti-gggn-ismes sus-évoqués, ça n’a rien à voir avec le racisme ! Il n’y a là derrière que des rejets oppositions, parfois contestables et souvent légitimes en démocratie, de comportements confessionnels et culturels.  
On devrait parler d’antijudaïsme et d’anti-islamisme comme d’antifascisme ou d’anti fédéralisme. Point barre.

Mais ça n’arrangerait ni le CRIF ni l’UOIF.
Et, à l’approche de Noël, la bouillie antisémitisme-antiracisme c’est l’étoile des bergers palestiniens tant attendue au-dessus de l’Elysée.

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