"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 28 mai 2016

Les tas d’urgences…



Non, pas l’Etat d’urgence ! D’ailleurs, un Etat d’urgence où c’est que tout est permis et sans couvre-feu ; où c’est que les "les trois sommations légales" se font au porte-voix et pas à balles réelles histoire de montrer qu’on rigole pas ; on c’est qu’on ne veut peut pas coller une munition de Famas dans le buffet de pillards incendiaires cagoulés qui vous allument avec des "armes létales par destination", c’est quoi, hein ? Un état de décence psychédélique peint en fond de décor d’un théâtre amateur d’une MJC subventionnée ? Un état d’urgence sanitaire ? Mais je m’égare...

Les tas d’urgences, disais-je. Vous les connaissez toutes : Le chômage, les freins à l’emploi, la compétitivité, les déficits, l’avenir des retraites, la démographie, la sécurité publique, etc. Et, surtout, l’urgence toujours reportée de désigner enfin l'ennemi principal, celui qui constitue la menace la plus concrète et immédiate pour notre existence même… Ben non, vous vous trompez. Toussa cépagrave et peut attendre.
L’important, ce n’est pas le changement, c’est seulement le maintenant. La seule chose qui compte, c’est de faire en sorte que demain soit comme aujourd’hui. Après, on verra ; plus tard.
Certes, il est légitime que la commission de défense de l’Assemblée Nationale et la DGSI s’alarment que, sous prétexte du terrorisme islamiste, on ait réduit les moyens affectés à la surveillance de "l’ultra-droite" ! C’est vrai que c’est inquiétant… 
Mais l’important, c’est l’agenda :
- du 6 juin (+ou-) au 6 juillet : Ramadan (avec un tas de visites à prévoir et éventuels attentats padamalgam)  
- du 10 juin au 10 juillet : Euro 2016
- Vers le 14 juin (pas avant) : Vote du Sénat sur la loi travail (pas de 49.3 au Sénat…)
- du 3 au 24 juillet : Tour de France
- le 6 juillet : Premiers grands départs en vacances (début des vacances scolaires)
- mi-juillet : vote définitif de la loi travail par l’Assemblée (avec ou sans 49.3…)
- 14 juillet : défilé, etc. (impératif que le Pédalonaute ait alors de quoi causer et confirmer que ça-va-mieux…)

D’ici-là, faudra bien que ça se calme, qu’on ait de l’essence, toussa. Et aussi que CRS et gendarmes mobiles soient sortis de l’hosto et n’aient plus à être au four et au moulin…
Bien sûr, les dépôts de carburant actuellement en stock sont libérés. Mais les processus industriels étant ce qu’ils sont, qu’il s’agisse des raffineries ou des centrales nucléaires, le redémarrage d’une unité à l’arrêt met huit jours pour être productive. Et les ports d’importation de brut sont bloqués…
Et ni la  CGT ni le gouvernement ne peuvent se permettre de céder…

Pourtant, ne vous inquiétez pas ; ça va s’arranger. Oui, ça va s’arranger car le Pédalonaute ne peut pas se permettre de voir foirer tout l’agenda. On va donc trouver une solution pour que ni lui ni Martinez ne perdent la gueule. La sortie de crise est déjà dans les tuyaux et ce sera une formidable arnaque qui va entuber tout le monde à commencer par les salariés… mais que le patronat des grands groupes va adorer :

Bien entendu, ça va consister à réécrire l’article 2 de la loi, dans une formulation qui va satisfaire les apparatchiks syndicaux sans pour autant "inverser la hiérarchie des normes" : Si une commission paritaire de branche professionnelle juge que l’accord d’entreprise comporte un risque de dumping social ou de concurrence déloyale, les syndicats pourront appeler les délégués syndicaux concernés à ne pas signer, sauf à  se voir retirer leurs mandats. C’est ce que suggère le rapporteur de la loi, appuyé par le président du groupe PS à l’Assemblée…
Prenons l’exemple de la branche Travail Temporaire, oh combien créatrice d’emplois. Elle se compose de trois ou quatre gros groupes et d’une foultitude de petites entreprises. De fait, seuls les gros disposent des crédits d’heures permettant d’envoyer des délégués, tant patronaux que syndicaux, dans les commissions de branche.
On garderait donc le principe de la primauté de l’accord d’entreprise. Mais ce dernier se trouverait alors soumis à la censure préalable de la branche professionnelle en plaçant les salariés signataires mandatés par la base sous la tutelle hiérarchique de leur centrale syndicale ! Dans l’exemple ci-dessus, cela revient à donner à l’oligopole des gros un pouvoir de fait sur le droit applicable chez leurs concurrents plus petits qui tentent de leur tailler des croupières !
Bref, cette loi dite Travail avait d’ores et déjà été vidée de sa substance mais tout n’est pas perdu. Cette nouvelle tentative désespérée (et peut-être vaine) pour isoler la CGT pourrait contribuer, non pas à inverser la courbe du chômage, mais à renverser de fait la jurisprudence qui réprime (semble-t-il, ne nous avançons pas) les cartels et les ententes…

Mais pour l’instant, on n’est toujours pas rendus…

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