"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 11 novembre 2016

Fans de Trump…



C’est fou. Pendant que toulemonde s’épouvante de l’arrivée aux affaires du Croquemitaine Absolu (celui du moment…), la survenance de ce séisme conduit certains contempteurs du système à se sentir pousser des ailes ! Un véritable inventaire à la Prévert puisqu’on trouve dans cette basse-cour, s’exprimant avec plus ou moins de retenue, aussi bien Marine Le Pen que Mélenchon, Micron que NDA…  Tous voient dans ce séisme la preuve qu’ils pourraient "renverser la table" ; et la Madelon d’Hénin-Beaumont la preuve de l’explosion prochaine du "plafond de verre"… On se convainc avec ce qu’on peut…

Au demeurant, tous autant qu’ils sont, ces outsiders vont bien vite en besogne.

Certes, Jean-Yves Le Gallou a bien identifié 5 leçons à tirer de la victoire de Trump pour faire la différence :
1° - Parler vrai, et même parler cru ; balayer du revers de main les accusations de dérapage et, surtout, toujours soutenir les siens.
2°- Dénoncer sans relâche les médias mainstream.
3°- Exploiter au maximum les médias alternatifs et réseaux sociaux.
4° S’adresser d’abord aux siens et pousser cette majorité silencieuse à se mobiliser comme le font les minorités.
5°- Ne jamais "pasteuriser" son discours dans le vain espoir d’apaiser ceux qui, de toute façon, ne voteront pas pour nous…

Mais si toussa a bien contribué à mettre Trump en lumière, à conforter son audience dans l’électorat, ce n’est pas ça qui a entraîné sa victoire !
- Evoquons pour mémoire la colossale fortune et la logistique médiatique à la libre disposition de ce milliardaire. C’est cela qui lui a permis d’amorcer le rouleau compresseur et de faire l’OPA sur le Parti Républicain. Seuls ses milliards lui ont offert le luxe d’être hors système Rigolez avec nos comptes de campagne…
- Ensuite, comme souvent – chez eux comme chez nous – ce n’est pas lui qui a gagné, c’est Hillary qui a perdu. Nuance ! A cet égard, une fois n’étant pas coutume, je serais assez d’accord avec Mélenchon quand il dit que Bernie Sanders, lui, aurait gagné. Il aurait probablement un peu perdu du côté du microcosme de la côte-est commanditaire d’Hillary mais aurait siphonné une partie des soutiens ouvriers petit-blanc de Donald et ramené aux urnes nombre d’abstentionnistes afro’ et latinos écœurés par l’ère Obama-Clinton…
- Et puis, il est naïf et contreproductif d’imaginer que les contextes US et français sont comparables !
Il est vrai que la crise sociale et la déception vis à vie du personnel politique est la même dans les deux cas. Mais les mentalités de sont pas les mêmes et la colère n’a pas la même intensité.
- S’agissant des mentalités, l’acuraba moyen de l’Amérique profonde n’est par principe pas gêné de voter pour un promoteur immobilier réputé tueur en affaire et n’ayant jamais été élu, ne serait-ce que sheriff de son comté, dès lors que celui-ci a fait ses preuves d’efficacité pour amasser du fric et l’a convaincu qu’il saura faire le job. En outre, il est accoutumé à une violence verbale qui ne le choque pas. Demandez çà chez nous à Mme Michu…
- S’agissant de la colère, vous avez là-bas une misère sociale où la perte d’emploi vous envoie à la soupe populaire et coucher sous les ponts. Et ici une situation sociale défavoriséeBig-Mother vous assiste en dernier recours. Le cas échéant, la colère ne peut donc revêtir la même intensité. Les conditions nécessaires et suffisantes seront-elles réunies chez nous pour qu’une majorité absolue d’électeurs soient vraiment prêts à "renverser la table" ?     

Bref, si nos candidats à la Présidentielle ont bien raison de se réjouir du succès de Trump, signe annonciateur de l’obsolescence du système, ils ne devraient pas croire que "tout baigne" pour eux.

Car que va faire Trump maintenant ?
Il lui faudra de toute façon composer. Mais, quoi qu’il en soit, c’est tout sauf un idéologue, il ne se laissera pas intimider par l’establishment et, surtout, il est un négociateur hors pair en affaire ; c’est ce qu’il sait faire le mieux pour obtenir le maximum dans l’intérêt de sa boutique, c’est-à-dire dorénavant son pays. Et il est peut-être bien foutu de pulvériser le système comme jamais personne ne l’a fait. Je ne suis pas sûr que ça ferait vraiment l’affaire de ses admirateurs hexagonaux qui – inconsciemment peut-être – ne cherchent pas à tuer le système mais, tout simplement, à l’habiter.

J’écrivais, il y a bien cinq ans :

Si le FN est battu, le système reste le système et l’histoire suit son cours.
Si le FN l’emporte, le FN devient le système et l’histoire suit son cours…


3 commentaires:

  1. Bin oui mais bon...
    Pour l'heure, savourons.

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  2. Ah tiens !
    Je constate que j'ai disparu de ta bloglist aussi ?

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    1. Tout a disparu sans récup' possible ! Reconstitution... "en cours" au fil du temps dispo^^

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