"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

samedi 30 mars 2013

Interrogation en attente de la Résurrection…



Samedi Saint… Journée sans. Journée vide, la seule de l’année sans Eucharistie… (vous me direz que je n’y vais guère plus souvent que le dimanche, mais bon…) Même pas d’adoration du Saint-Sacrement d’ordinaire proposée ici H24… Journée consacrée à la prière ? – J’ai du mal… Alors, pour moi, journée consacrée à la relecture personnelle et à la méditation. Bonne occasion de réfléchir à une interrogation bien temporelle, comme un malaise indéfinissable que j’ai ressenti dès le premier soir après le cri de joie : Habemus Papam !… Quelque chose comme un négatif photographique, une lecture inversée, erronée de la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18, 10-14) Et j’ai été tenté d’intituler ce billet :
Force éternelle des symboles et vacuité arrogante de l’humilité

Abrégeons. J’ai trouvé sur Atlantico.fr un article de JacquesCharles-Gaffiot qui explicite mieux que je ne saurais le faire ce sentiment de malaise que je ressens. J’en livre donc ci-après à votre méditation de très larges extraits - contractés et parfois modifiés-accentués par mes soins^^- (le vrai texte intégral est ) :
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"(…) il n’est pas inutile de considérer le style naissant mis à l’ordre du jour dès l’apparition du cardinal Jorge Mario Bergoglio au balcon de Saint-Pierre, dans la soirée du 13 mars dernier.
Sans prétendre donner aux remarques suivantes une portée définitive marquant le cours du nouveau pontificat, il convient de relever combien les commentateurs ont cherché à mettre en relief les "simplifications" observées pour en faire des démonstrations de rupture avec les usages jusqu’alors respectés ou remis à l’honneur (…)

Limitons-les à deux exemples principaux :

La première apparition sur la loggia de Saint-Pierre du nouveau pape est l’une des phases d’un acte liturgique ouvert depuis l’entrée en conclave et se terminant le lendemain de l’élection. Jean-Paul II, comme Benoît XVI, pour ne retenir que ces deux dernières références, sont donc apparus revêtus de la tenue liturgique propre à cette circonstance, portant sur leurs épaules la petite pèlerine et l’étole pourpre, prestigieux héritage symbolique remontant au début du IVe siècle et réservées à Rome à la tenue du grand prêtre sacrificateur, l’empereur, matérialisant le plein exercice de la fonction de pontifex maximus, réunissant les deux rives du monde d’en-bas et de l’univers d’En-haut. Est-ce seulement par simplification du "protocole" que le nouvel évêque de Rome s’est présenté dans sa seule soutane blanche devant les fidèles venus acclamer le nouveau pape ? Est-ce le champion d’une élection remportée en un temps record ou le Vicaire du Christ ? Qui n’a "enfilé" l’étole que juste le temps de bénir la foule avant de s’en débarrasser vite-fait dans les mains de son cérémoniaire ? Jamais, jusqu’au 13 mars dernier, pareille ambiguïté n’était apparue d’une manière si déconcertante.
A lui seul, en effet, ce simple détail vestimentaire, bien anodin aux yeux de la presse déculturée, peut traduire une mutation du sens donné à cette salutation traditionnelle de la foule selon son immémorial rituel.

Lors de sa messe d’intronisation, le nouveau pape n’a certes pas renoncé au trône pontifical. Toutefois, et aucun commentaire n’est venu relever ce double fait, le pape a reçu debout l’hommage rendu par les cardinaux et a prononcé également debout sa première homélie officielle, à la différence de tous ses prédécesseurs.
Renoncer à une position assise, qui de tout temps et sous toutes les latitudes représente la plus haute marque d’autorité alors que la position debout adoptée en face d’un auditoire assis efface toute marque de véritable reconnaissance. Quel sens donner à une cérémonie d’hommage dans laquelle l’homme lige et le récipiendaire restent debout, se mesurant d’égal à égal ?
S’asseoir pour parler n’est jamais pour le titulaire de l’autorité, du père de famille, au chef d’État en passant par les enseignants, les magistrats jusqu’à la figure du pape, l’expression vaniteuse de la volonté de se grandir. C’est au contraire s’astreindre à observer une convenance qui exige de la part de ceux qui la respectent, en plus de la dispense de propos réfléchis, une authentique humilité, une vraie simplicité pratiquée sans le tintamarre des trompettes médiatiques de la fausse renommée.
Le petit peuple de Rome, papiste à contre-courant par bien des côtés et enclin à la raillerie, fait déjà circuler dans la ville une pasquinade pour dénoncer le caractère démagogique qu’il pense reconnaître dans le renoncement à la pourpre, à la suppression du pallium sous les nouvelles armes pontificales, à l’abandon du port de la mitre, etc. Voulant aussi tourner en dérision la modeste et rustique croix pectorale de son nouvel évêque qui a refusé de porter l’une de celles qui lui étaient proposées, la statue de Pasquin murmure depuis quelques jours en haussant les épaules : Une croix de fer ? Mais nous avons déjà connu cela à Rome… dans un passé récent !

Plus encore que l’image, le symbole offre à son lecteur un langage de synthèse. Paraphrasant saint François de Sales, on pourrait ajouter que le symbole "parle au cœur, la langue ne parlant qu’aux oreilles". Il livre, pour qui sait le bien voir, au travers d’une unique perception la totalité de son contenu. De la sorte, se présentant à tous, de même que le soleil, il éclaire les bons et les méchants.

Manier le langage symbolique requiert prudence, simplicité et humilité ; le travestir, c’est prendre le risque de la confusion, un idiome propre aux constructeurs de la tour de Babel !


2 commentaires:

  1. Je suis saisi des mêmes doutes. L'excès d'humilité sied à l'ermite, mais faire le pape-à-soupe pour nourrir les indigents spirituellement et matériellement est accaparer le job d'un charity bizness pléthorique. En concurrence pour la distribution des pains, il risque de ne pas gagner et perdre avec son âme son temps.

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  2. Je m'interroge tout comme vous sur ce pape. Benoît XVI qui voulait un pape plus jeune et vigoureux; c'est foutu. Il est âgé et malade et puis ces gestes sont comme en rupture avec son prédécesseur. Qu'en penser ? L'avenir nous le dira.
    Bonnes fêtes de Pâques quand même !

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