"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

mardi 12 août 2014

Samuel Hutington, "racines chrétiennes", etc.



Ce matin, pour nous changer de l’Ukraine et rebondir sur la pétaudière des hésitations et moulinets de bras occidentaux au Moyen-Orient (frappes ciblées US, non-choix humanitaires et diplomatiques…) Atlantico a mis en ligne un débat entre trois universitaire sur le thème :
"Ce que la situation irakienne et les exactions du Califat révèlent des hypocrisies et angles morts de l’Europe"
Beaucoup d’entre nous trouveront que ça ne nous apprend au fond pas grand-chose et enfonce quelques portes ouvertes. Au demeurant, outre que tout le monde n’est pas nous, il est parfois bon de profiter de ce genre de concentré pour relire le film.  

Même si on n’en partage pas forcément certaines propositions faites au final s’agissant du "que faire ici et maintenant", tout est à lire.  

A titre d’illustration, juste un extrait d’une intervention (Claude Sicard) :

« Tous les anthropologues s’accordent sur le fait qu’à l’origine de chaque civilisation il y a une religion. Le grand sociologue  anglais, Christophe Dawson, par exemple, nous dit : "Les grandes religions sont les fondements des grandes civilisations", et une des plus  grandes figures intellectuelles du XXème siècle fait dans son œuvre magistrale "La grande aventure de l’humanité" (Arnold Toynbee, ndlr) le constat suivant : "Une société est l’incarnation d’une religion". De toute évidence, la civilisation occidentale a pour fondement le christianisme, et la civilisation musulmane, l’islam. Vouloir faire abstraction de ces réalités c’est faire preuve tout simplement d’une grave inculture. Certes, la civilisation occidentale a fait selon l’excellente expression de Marcel Gauchet, sa sortie de religion au XVIIIème siècle, mais la Révolution française n’a fait que séculariser, en fait, les valeurs chrétiennes, valeurs qui s’expriment d’ailleurs dans la devise de la République "Liberté, égalité, fraternité". On en revient donc à la thèse que Samuel Hutington avait présentée dans son fameux ouvrage de géopolitique, si unanimement décrié par nos élites intellectuelles et par nos hommes politiques lorsqu’il parut, "Le choc des civilisations", ouvrage qui présentait une grille de lecture fondée sur la division du monde en diverses entités civilisationnelles. Avec  ce constat fait par cet universitaire : "Le choc intra civilisationnel entre idées politiques incarnées par l’Occident  est en train d’être supplanté par le choc inter civilisationnel des cultures et des religions" (page 53). Nos dirigeants ont eu le plus grand tort de ne pas prendre en considération cet important essai d’un universitaire américain, fondateur de la revue Foreign Policy, discréditant d’emblée l’auteur en l’accusant de visions belliqueuses et racistes. C’était ne pas admettre que chacun se reconnaît dans l’identité que lui confère la civilisation à laquelle il appartient. Avec la sortie de religion qui s’est faite dans la civilisation occidentale un très grand nombre d’Occidentaux ont plongé dans l’oubli de leurs racines, ce qui n’est nullement le cas des musulmans, qu’ils soient croyants ou pas. On a donc affaire  à présent à un monde occidental où une majorité de citoyens ont oblitéré leurs racines  judéo-chrétiennes, face à un monde musulman où l’islam est et reste extrêmement présent dans l’esprit de chacun. Il semblerait que les graves évènements du Moyen-Orient, avec la persécution hier des coptes en Egypte par les Frères musulmans et celle aujourd’hui des chrétiens par les djihadistes en Irak, soient de nature à rappeler aux peuples de la vieille Europe que leurs racines sont chrétiennes : les musulmans s’acharnent à le leur remettre en mémoire, bon nombre d’entre eux n’ayant jamais renoncé à les accuser de vouloir leur imposer, depuis les Croisades, leur hégémonie  culturelle et civilisationnelle.
La grille de lecture  proposée par Samuel Huntington en 1993 mérite donc d’être plus que jamais prise en considération : notre "religion" des "Droits de l’homme" qui a  remplacé dans nos sociétés le christianisme depuis la révolution de 1789, est intégralement fondée sur les valeurs apportées par le christianisme, ce que bon nombre de nos concitoyens semblent ne pas voir. »

3 commentaires:

  1. Notre identité est autant faite de ce que nous croyons être que de la définition que d'autres donnent de nous. Pour les musulmans radicaux, l'Occidental, même mécréant et bouffeur de curé reste un "croisé".

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  2. ... et pour nos élites et philosophes bien pensants, voler au secours des chrétien d'Irak serait faire allégeance à notre passé de Croisés... donc, on tourne en rond, et peu de voix s'élèvent, parmi ces belles âmes vertueuses pour s'indigner de ce que des enfants et des vieillards meurent sur les routes, chassés de leur terre....

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  3. ...et pour nos élites et philosophes bien pensants, défendre les chrétiens d'Irak serait justement faire allégeance à notre passé de croisé... donc on tourne en rond, et peu de voix s'élèvent, parmi nos âmes vertueuses pour dénoncer le fait que des enfants et des vieillards meurent sur les routes, chassés de leur terre....

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