"Si la capacité des cons à s'auto-éliminer ne doit pas être négligée, la volonté effarante du monde moderne et de l'Etat-providence à les sauver rend vain tout espoir de sélection naturelle"

vendredi 14 mars 2014

La Grande Terreur stalinienne est toujours féconde…



En revisitant mon stock d’images non exploitées, je tombe sur une capture d’écran fesse-bouc vieille de tout juste un an. Elle venait chronologiquement entre divers visuels de manifs LMPT… C’est ça :
 Je connais ces braves gens… de vue et de loin… Des citoyens exemplaires dont la contribution désintéressée au bien public est occasionnellement recueillie avec gratitudes par les fonctionnaires de l’étadedroâ pour faire plaisir à Manuel Valls. A l’époque, je n’avais pas remarqué la chute de leur plaidoyer. D’ailleurs, ils ne sont même pas foutus d’orthographier correctement le nom du héros qu’ils proposent comme modèle à leurs affidés et, s’ils pouvaient (ça va venir), aux enfants des écoles :

Il ne s’appelait pas Mozorov, leur type ; il s’appelait Morozov. Ceci-dit, c’était qui ce mec ?

Pavel Trofimovitch Morozov (1918-1932) était un jeune paysan que l’’Union soviétique avait érigé en icône du communisme pour n’avoir pas hésité à dénoncer son père comme opposant à la collectivisation. Son titre officiel était, excusez du peu, celui de "pionnier-héros numéro 001 de l’Union soviétique"…

- Aîné d'une famille de paysans de la région des monts Oural et présenté comme chef des pionniers de son village, Pavel était le fils de Trofime Sergueïévitch Morozov, responsable du soviet local. Découvrant que son père dissimulait du grain aux autorités et/ou fournissait de faux-papiers à des koulaks pourchassés, Pavel le dénonça à la Guépéou. Trofime Sergueïévitch fut arrêté et disparut en déportation.
Mais des membres de sa famille vengèrent le malheureux en tuant Pavel, alors âgé de 13 ans. Ils furent arrêtés, jugés et exécutés en tant qu'ennemis du peuple.
- Les autorités communistes firent de Pavel Morozov un martyr et un héros proposé en exemple aux pionniers et à la jeunesse, lui dédiant des monuments, une statue à Moscou, donnant son nom à des écoles et un chant exaltait son histoire. Pendant plus de soixante ans, Pavel Morozov (re-prénommé Pavlik pour déchristianiser son nom) a été donné en exemple à tous les enfants soviétiques incités à informer les autorités du comportement de leurs parents.

Voilà pour le livre d’images…

- On se souviendra au passage du contexte désormais bien connu et documenté depuis au moins vingt ans : C’était alors les grandes heures de la collectivisation forcée où le pouvoir soviétique menait une guerre forcenée contre toute une nation de petits exploitants (les "koulaks") en utilisant délibérément la famine comme arme de destruction massive… Entre 1929 et 1933, 6 millions de morts de faim, 2 millions de paysans déportés, des centaines de milliers de mort en déportation, souvent abandonnés sans rien dans le froid et la pluie en pleine toundra dans le nord…
- Et puis sortons du mythe et replaçons Pavel dans le réel : Il n’a jamais été pionnier. Avant son assassinat, il n’existait pas de cellule de pionniers dans son village. En affirmant qu’il l’avait été, l’État pouvait présenter ses assassins comme une bande de terroristes politiques. En réalité, Pavel était un petit paysan de 13 ans sachant à peine lire et écrire et sans conscience politique.
Les pièces du dossier existent : Dans un système répressif alors déjà extrêmement bureaucratique et paperassier, aucune trace de rapport de délation ne laisse supposer qu’il ait trahi son père. Tous ceux qui ont été soupçonnés d’avoir été ses meurtriers, y compris son oncle et ses grands-parents, ont été condamnés à mort et liquidés après avoir été torturés pour qu’ils ne soient plus en état de se défendre. On n’a apporté aucune preuve de leur culpabilité. Non seulement il est probable que cette histoire a été montée de toutes pièces par la Guépéou aux fins de propagande, mais il est possible que Pavel Morozov ait été lui-même assassiné par les autorités afin de créer son image de martyr.

Voilà.

Eh bien en France, aujourd’hui, on trouve des tarés bas de front, des nervis chassant en meute, des hyènes carburant à la barre de fer, rêvant de ratonnades à leur manière, bâtards clonés au petit pied de la SA de Röhm et de la Tcheka de Dzerjinski. Des tarés d’autant plus dangereux qu’ils croient encore dur comme fer à cette fable criminelle.

Et ceux-là bénéficient de l’indulgence amusée de nos gouvernants et de notre justice. Et notre ministre de toutes les polices tourne sa langue en cherchant à mesurer ses mots quand, faute à pas de chance, il se voit contraint de les gronder un peu avec sa bouche… 

     

1 commentaire:

  1. il y a dans toutes les cultures des légendes qui ne sont là que pour assoir le pouvoir de certains , et l'histoire( qui était un bon moyen de repérer ce qui dans le passé pouvait arriver au present) ,n'est plus enseignée . C'est ringard de s'interesser au passé (faisons table rase), alors nous avons des gens qui croient dur comme fer que la révolution fut (je cite Pagnol de mémoire )" une explosion de bonté ou les anges laïques s'entre guillotinèrent eux mêmes". Le communisme fut le bonheur du paysan russe qui crevait de faim, le socialisme est l'âge d'or et on peut fabriquer des contes comme la petite marchande d'allumettes qui au lieu de mourir de froid , est embauchée par Ayrault pour être hotesse d'accueil a notre dame des landes dans le cadre des emplois d’avenir!

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